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Un été intemporel cousu de lin écologique

Ecrit par Biologique, Inspiration Aucun commentaire

 

Pour célébrer le printemps, voici la mini collection de lin Oeko-Tex de Mars-ELLE.

 

L’été sera chaud alors autant vous préparer au mieux et coudre tout ce qui fera de cet été un été confortable et agréable. Le pourquoi du comment de cette petite collection, c’est ci-dessous.

 

Le Lin Jaune citron: tissu lumineux pour votre été.

Des toiles de lin unies, pourquoi ?

 

Vous le savez, pour Mars-ELLE les imprimés sont importants. Ils apportent joie et plaisir ; chaque motif est une futilité, une escapade, une échappée de notre monde trop rationnel qui court sur le fond du tissu. D’où l’importance aussi des tissus unis qui tempèrent cette agitation, amènent sérénité et calme, et dont la douceur des tons est synonyme de stabilité du style.

 

Lors des deux collections précédentes (molletons et popelines bio), il n’était pas possible de produire des tissus unis ayant les mêmes qualités que les imprimés. Dommage, mais un imprimeur n’est pas toujours teinturier, et vice versa ! En plus, lorsque l’apprêt est posé pour l’impression, il n’est plus question de l’envoyer se faire teindre. La technique a ses limites.

 

Il restait donc une petite frustration de ne pas vous avoir proposé de tissu uni pour cet été.

 

 

Mais heureusement, les possibilités de matières premières plus douces, plus fines, plus solides, plus souples sont infinies. Le coton bio reste la valeur sûre de Mars-ELLE (et je vous explique pourquoi dans cet article). Mais le coton bio n’est pas la seule fibre textile écologiquement intéressante. Mars-ELLE a sa short-list de tissus VIP et le lin y apparaît depuis longtemps en bonne position.

 

Alors, lorsque le nom d’un producteur de lin Oeko-Tex est apparu au milieu d’une conversation d’imprimeurs, l’idée s’est matérialisée. Les feux sont passés au vert, j’ai démarré plein pot et quelques semaines plus tard le stock de Mars-ELLE était enrichi de quelques rouleaux de belle toile de lin unie.

 

 

Un double assemblage pour toute la famille

 

L’occasion faisant le larron, la décision de faire une mini-collection de tissus en lin était plutôt facile ; le choix des couleurs a été un brin plus compliqué. Ben oui, toujours la même difficulté, on ne peut pas tout acheter et donc il faut faire des choix et une fois encore vous m’y avez bien aidé via Instagram.

 

Dans le cas présent, Mars-ELLE a opté pour un double assemblage de couleurs. L’idée, c’est de proposer des couleurs pour des coutures non-genrées, comprenez : pour toute la famille, de la jupe de la plus jeune jusqu’à la chemise du plus vieux âgé.

 

Chaque trio de tissus est composé d’une couleur vive et de deux couleurs naturelles, l’une plus claire, l’autre plus foncée.

 

Le premier trio de couleur: une couleur clair, une couleur foncé et une couleur vive.

 

Et les deux trios de toile de lin finalement élus sont :

  • Le trio Framboise, Naturel et Plomb, version nature du classique bleu-blanc-rouge.
  • Le trio Citron, Kaki clair et Kaki foncé, assemblage proche des couleurs de l’été, de quoi se prendre pour le soleil dans un jeu de cache-cache sous les oliviers !

 

 

Mais pas de panique les six teintes peuvent se marier entre elles deux à deux sans risquer la critique, tout est dans la douceur des tons !

 

Oeko-Tex STANDARD 100, c’est quoi ?

 

Le lin est la fibre naturelle écologique par essence. En effet, le lin conventionnel :

  • est cultivé sous nos latitudes trop souvent froides, grises et pluvieuses, typiquement le nord de la France,
  • est plutôt sobre, il ne demande que très peu d’apport en eau, engrais ou pesticide.
  • est dégradé naturellement dans le champ et ensuite traité mécaniquement pour être filé et tissé.

 

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Si la filature, le tissage et la teinture sont réalisés à proximité du lieu de culture, en Europe centrale, l’impact écologique est extrêmement faible, sans même lui imposer aucune des contraintes type des cultures biologiques.

 

Comme expliqué en détail dans cet article, la filière du lin est en plein développement, mais elle ne permet pas encore de répondre à la demande croissante du marché pour ce produit spontanément « bio ». La certification bio du lin fait donc peu de sens et est peu développée.

 

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L’arrachage des plante de Lin et le début du rouissage.

 

Par contre le produit fini est testé selon le protocole d’essai Oeko-Tex STANDARD 100, qui permet de vérifier la présence éventuelle de résidus de produits chimiques. Le lin certifié Oeko-Tex a passé ces tests de manière satisfaisante et il ne contient aucune trace résiduelle de produits chimiques (pour mieux comprendre les certifications textiles).

 

Bref, le lin Oeko-Tex européen s’inscrit parfaitement dans une démarche éco-responsable et c’est pourquoi il est maintenant disponible sur le site de e-commerce de Mars-ELLE.

 

Que coudre en toile de lin ?

 

La toile de lin est le tissu idéal pour l’été. Grâce aux caractéristiques de la fibre, le tissu est :

  • Résistant,
  • Respirant,
  • Isolant,
  • Absorbant.

 

Combinaison de Lin Oeko-Tex et de Popeline de coton bio.

 

Quoi de mieux pour faire un vêtement léger qui dure bien plus qu’un été ?

 

Nos ancêtres en faisaient des voiles de bateau et des vêtements de travail chauds et résistants. Quel qu’en soit l’épaisseur, le tissu de lin a un tombé mou et rond qui enveloppe le corps. En contre-partie, le lin n’aime pas se forcer dans des courbes serrées, il se froisse rapidement, les plis se marquent facilement. Préférez donc les coupes plutôt amples, laissez l’air circuler à défaut de le froisser.

 

Le lin est très régulièrement utilisé pour les chemises d’été pour homme. Il est aussi parfait pour les petits haut ou les robes. C’est le tissu d’ont on veut se draper pour affronter les chaleurs de l’été, sentir l’air chaud et les rayons du soleil sur sa peau, tout en évitant les excès.

 

 

De par sa résistance et ses propriétés anallergisantes et thermorégulatrices, le lin Oeko-Tex est aussi un tissu très utilisé pour les vêtements des enfants et des bébés.

 

En définitive, le lin est un tissu idéal à coudre, pour toute la famille. Je reviens très vite vers vous pour vous détailler ces cousettes faites pour ces adorables enfants !

 

Alors, cette toile de lin, vous aller le coudre pour vous ou pour votre famille ?

 

 

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Le Lin: un tissu par nature écologique

Ecrit par Biologique, Monde textile 9 commentaires

 

Histoire du lin : un tissu écologique qui traverse les époques

 

Le lin est une fibre naturelle utilisée depuis très longtemps pour la fabrication de tissus. Les momies de l’Égypte ancienne (3.000 Av J.C.) étaient déjà emballées dans des bandelettes de lin. Ce sont les Phéniciens qui apportent le lin d’Égypte vers l’Europe, il sera ensuite adopté par les Grecs et puis par les Romains.

 

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La culture du lin s’adapte particulièrement bien à nos latitudes. Il est cultivé sans pesticides ni engrais à une époque où la culture bio est la seule option possible.

 

Le lin permet de tisser des étoffes solides. Il est d’abord utilisé pour fabriquer des vêtements de travail pour l’agriculture et on en fait aussi les voiles des bateaux mais il devient très vite un tissu fin et noble. Le lin est décliné en dentelles, en linge fin de maison, en chapeaux, etc. La tapisserie de Bayeux est probablement la plus célèbre pièce de lin ; cette tapisserie médiévale témoigne de la richesse des savoir-faire de l’époque.

 

Le lin est le tissu le plus utilisé en Europe, avec la toile de laine, ce jusqu’au 19ème siècle.

 

 

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Son utilisation décline rapidement avec l’arrivée massive du coton importé d’Inde et des Amériques ; le coton séduit par sa douceur et par sa facilité d’entretien. La culture du lin en Europe disparaît presque totalement quand arrivent les « miraculeux » textiles synthétiques dans les années 1960.

 

Aujourd’hui le lin revit une nouvelle jeunesse. En effet, la demande des consommateurs change et l’intérêt pour les produits eco-responsables et durables permet au lin de revenir sur le devant de la scène. Cette nouvelle mode se veut confortable, solide, intemporelle, facile à porter et faite de fibres écologiques produites de manière responsable.

 

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Le lin redevient tendance , même sur Instagram !

 

Culture du lin : de la plante au tissu

 

Le lin européen est cultivé principalement en France, Belgique et aux Pays-Bas (entre Caen et Amsterdam). Il est aussi cultivé en Russie (dans les pays de l’ex-URSS), en Chine et en Égypte.

 

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Carte de production et de filature (source : Master of Linen )

 

Le lin ne peut être cultivé de manière intensive, d’une part pour éviter d’épuiser les terres et d’autre part pour éviter le développement de parasites qui lui sont spécifiques. La rotation des cultures de lin sur une même parcelle suit un cycle de 5 à 7 ans.

 

Dans ces conditions, il ne nécessite pas de pesticides chimiques et sous nos latitudes, le lin pousse avec très peu d’engrais et sans aucun apport d’eau supplémentaire. Cependant, cette culture est très délicate, particulièrement sensible à l’humidité elle est donc très dépendante de la météo.

Le lin aime les faibles amplitudes thermiques et l’humidité, c’est une plante de climat tempéré, c’est essentiel pour son rouissage.

 

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Ce n’est pas de la coupe, mais bien de l’arrachage des plants de lin qui sont étendus pour l’étape naturelle du rouissage.

 

La pousse du lin prend environ 3 mois. Au plus fort de sa floraison, les champs de lin se parent d’un doux bleu qui vient colorer le vert léger de la plante. La fibre qui est utilisée pour faire les tissus se trouve dans la longue tige de la plante. Environ un mois après la floraison, les plantes sont arrachées (pour préserver la longueur des fibres) et déposées à même le sol en andins, c’est le rouissage.

 

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Un cycle de culture du lin dépendant de la météo.

 

Ce sont la pluie, l’humidité du sol et de l’air qui vont permettre aux 215 espèces de champignons et 95 espèces de bactéries naturelles de faire leur travail. Ces micro-organismes éliminent la pectose, ciment naturel qui lie les faisceaux de fibres au reste de la tige. Le rouissage est une opération naturelle mais complexe et délicate. Le rôle du liniculteur est primordial pour la suite de la préparation des fibres.

 

Lorsque le rouissage est bien homogène, les plants sont ramassés et les fibres sont séparées des tiges pour être transformées en fil, puis en tissu grâce à des traitements purement mécaniques.

 

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La fibre du lin, après le rouissage et la séparation mécanique des tiges

 

Le lin est une plante qualifiée de « zéro déchet » puisque chaque partie peut être utilisée :

 

  • Les graines pour faire de l’huile de lin (peinture) et de la farine de lin (alimentation du bétail)
  • Les fibres courtes sont utilisées dans la matelasserie,
  • Les fibres longues sont utilisées pour le textile,
  • Le bois des tiges est utilisé pour des applications de litière et de chauffage,
  • Les poussières et autres résidus sont finalement compostés.

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L’impact écologique du lin

 

Vous l’avez compris, les méthodes de culture et de transformation de la fibre font du lin un tissu intrinsèquement écologique.

 

  • Sa culture ne demande pas d’eau supplémentaire, peu d’engrais, pas ou peu de pesticides,
  • La plante est cultivée proche de chez nous, dans nos campagnes d’Europe centrale ; il n’y a donc pas de transport depuis des pays lointains,
  • Le traitement des fibres est un traitement purement mécanique (aucun produit chimique) et qui utilise peu d’eau et d’énergie.

 

Bref, le lin c’est le Graal ultime de la fibre écologique et durable.

 

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Un ciel bleu comme un champs de Lin 🙂

 

MAIS…

 

Depuis le renouveau du lin, justement plébiscité pour ses qualités écologiques, la demande s’est développée fortement. Cette croissance rapide a entrainé le déplacement des étapes de filage et de tissage en Chine.

 

Délocaliser ce travail à l’autre bout du monde, pour des raisons de coût, c’est augmenter l’impact écologique de la chaine de fabrication et grever le lin d’un impact environnemental dont il n’a nul besoin.

 

Le lin est aussi, malheureusement, de plus en plus utilisé comme un « faire-valoir » textile et comme atout marketing. L’origine naturelle et durable du lin est utilisée pour valoriser des tissus faits de fibre mélangées : lin-coton, lin- viscose, ou encore lin et fibres synthétiques. Le mélange de fibres de qualités différentes au sein d’un même tissu rendent ce tissu impropre au recyclage. Les tissus faits de lin mélangé perdent donc leur caractère durable (voir cet article sur le recyclage textile pour plus d’information).

 

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Le lin bio : un renouveau en France

 

Le tissu de lin certifié bio commence à se répandre pour répondre à la demande croissante de fibres écologiques. Le lin bio est issu d’une culture 100% écologique qui garanti une fibre cultivée et traitée sans aucun produit chimique.

 

A l’heure actuelle, moins d’un demi-pourcent de la production de lin en Europe est certifiée Bio (GOTS). Mais ce marché va rapidement se développer pour répondre à la demande croissante. En Novembre 2018, le fil de lin certifié bio était en rupture de stock ; de quoi stimuler les producteurs existants à se former à la culture bio du lin.

 

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Pour adapter l’offre à la demande, les marques, les distributeurs, les organismes de certification et les agriculteurs travaillent ensemble pour structurer et développer cette nouvelle filière du lin bio.

 

Il faut pourtant rester attentif à ce développement et favoriser l’action locale. Pour l’instant, cette filière se structure en France et notamment en Normandie. Mais, lorsque le marché sera plus mature, il faut craindre que les fibres bio cultivées en Europe soient filées, tissées et teintes dans des usines chinoises certifiées GOTS. Le produit final, quoique certifié GOTS, aura pourtant parcouru quelques milliers de kilomètres aux frais de notre belle planète !

 

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Ramassage de andins et entrepôt avant traitement mécanique : séparation, filage et tissage.

 

Vous trouverez des informations détaillées dans cet article pour mieux comprendre les certifications textiles.

 

La filière du lin bio se développe, gardons là européenne : un consommateur averti en vaut mille !

 

Le lin Oeko-tex de Mars-ELLE

 

La nouvelle collection de toile de Lin uni de Mars-ELLE va bientôt sortir.

Mais en attendant, je peux déjà vous en dire un peu plus sur ces tissus.

La mini collection de toiles de lin de Mars-ELLE est totalement européenne. Le lin a été cultivé, filé, tissé et teint en Europe. Par ailleurs, cette collection est certifiée Oeko-tex, ce qui signifie que le produit fini ne contient aucun pesticide ou produit chimiques d’aucune sorte (mieux comprendre la certification Oeko-Tex)

 

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Bientôt sur le shop de Mars-ELLE

 

C’est un tissu solide, durable et à faible impact environnemental.

 

Pour ne pas manquer le lancement, inscrivez-vous à la Newsletter de Mars-ELLE et recevez les fiches techniques pour mieux comprendre les tissus!

 

 

 

Crédit photo et carte: Master of linen

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Tuto couture : coudre vos sachets de thé réutilisables et zéro-déchet

Ecrit par Biologique, Tutoriel 17 commentaires

La couture a changé ma vie !

 

Lorsque j’ai commencé à coudre, c’est le plaisir de la création et de la réalisation qui m’ont envahie toute entière. Très vite j’ai cousu presque tous mes vêtements et abandonné les achats dans les magasins. Mon réflexe est devenu « ça je VEUX le coudre moi-même » quand bien même j’aurais pu me limiter à « ça je peux le coudre moi-même »…

 

Cette période de passion dévorante a été ponctuée par des moments plus douloureux. Je me souviens du moment où je me suis résolue à jeter une cousette parce qu’elle était définitivement ratée.

 

Je l’ai vécu comme un mini-déchirement.

Mais je l’ai vécu aussi comme une prise de conscience : tout ce qu’on jette, par essence, n’est pas durable.

 

Détox garde-robe tutoriel Truc et astuce couture débutant durable

Les piles de vêtements que j’ai évacuées de ma penderie… Gloups

 

C’est fou, j’ai eu besoin de jeter mes propres réalisations pour vraiment prendre conscience du sens du verbe « jeter » et de ses conséquences.

 

De fil en aiguille, mes créations sont devenues plus raisonnables (mais pas pour autant des coutures ennuyeuses…) pour pouvoir vraiment durer. Et petit à petit cette prise de conscience a envahi bien d’autres dimensions de mon quotidien.

 

Quels sont les gestes que je fais sans réfléchir et qui consomment des ressources en cycle ouvert, qui sont jetés après usage ? Par quoi est ce que je peux les remplacer ?

 

Et si la solution passe par de la couture, alors c’est encore mieux !

 

Les sachets de thé cousus, Zéro-Déchet

 

Je suis une grande consommatrice de thés et de tisanes. J’en bois à toutes les heures, chauds, froids, infusés en vrac ou en petits sachets individuels. Et évidemment ma démarche Zéro-Déchet grandissante a remis en question mes petites habitudes.

 

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Je ne vais pas m’arrêter de boire des thés et des tisanes (pas certaine que je survivrais !). Mais je vais les faire infuser dans des sachets réutilisables en tissu, biologique bien-sûr.

 

J’ai essayé les œufs et tubes perforés, en inox, à plonger dans la tasse. Mais c’est une vraie galère à nettoyer et je trouve que le thé n’a pas vraiment la place pour se déployer et infuser. C’est qu’il faut qu’elles puissent s’exprimer mes tisanes ! De plus, j’adore le « Rooibos » qui a la particularité d’être super fin et de passer à travers les trous et mailles de tous ces filtres.

 

J’ai donc décidé de coudre mes sachets à thé et de les réutiliser. J’ai un peu cherché une forme pratique et facile d’utilisation, surtout pour le vidage du thé infusé et le nettoyage. Après plusieurs semaines d’utilisation quotidienne, je peux enfin vous faire un retour sur cette nouvelle pratique Zéro-Déchet par la couture.

 

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Chaud devant, choisir le bon tissu

 

Les caractéristiques du parfait tissu pour sachets de thé réutilisables

 

La première question est indéniablement celle du choix du tissu.

 

◆ Il vous faut un tissu certifié biologique (ou à défaut OEKO-Tex). Parce que faire infuser dans de l’eau à 100 degrés, du thé dans un tissu gorgé de produits chimiques, c’est un peu comme se faire une infusion de produits chimiques. C’est une approche Zéro-Déchet mais elle est peu pertinente pour votre santé.

◆ En plus d’être biologique, le tissu doit être non teint et non imprimé. Parce que même si les teintures et les impression certifiées GOTS ou OEKO-Tex utilisent des produits biologiques, ce n’en sont pas moins des produits chimiques. Il faut donc un tissu qui n’a pas été ni blanchi, ni teint, ni imprimé.

◆ Finalement, le tissu doit avoir une maille suffisamment serrée pour retenir les plus petites particules des feuilles ou de la plante infusée (même le « Rooibos ») et suffisamment ouverte pour être perméable à l’eau et permettre une infusion optimale.

 

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Un petit mélange « maison » d’Ibiscus et de Rooibos.

 

J’ai d’abord utilisé les tutoriels trouvés sur le web. Mais coudre des petits sachets avec des cotonnades en chaine et trame s’est révélé peu concluant. Les mailles étaient trop larges (et donc laissaient passer le « Rooibos »), mais surtout le petit sachet n’était pas vraiment simple à retourner et à nettoyer.

 

Et puis j‘ai eu l’illumination. Le tissu parfait, c’est bien évidemment le jersey bio non teinté et non blanchi.

 

L’élasticité du jersey aide énormément à la manipulation du sachet, ça devient facile de le remplir sans en mettre partout. Et surtout il se retourne, se vide et se nettoie en un tour de main.

 

De plus, le jersey ne s’effiloche pas. Il ne nécessite pas de finitions en zig-zag qui sont peu esthétiques. C’est donc très facile et très rapide à coudre !

 

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Où trouver le tissu parfait pour les sachets de thé réutilisables ?

 

Le tissu idéal, c’est ce jersey bio non-teint et non blanchi. Mais il est disponible au mètre alors pour faire ces sachets de thé réutilisables, il faut à peine plus qu’une chute de tissu… Et avec les frais de port, ça devient vite très cher pour quelques sachets de thé. Peu de couturières ont du jersey bio non teint et non blanchi en stock.

 

Mais plus de problème ! Vous pouvez maintenant vous procurer le mini-kit pour réaliser vous-même vos propres sachets de thé zéro-déchet.

 

Il y a tout ce qu’il faut dedans, le tissu pour faire 3 sachets de thés, le patron de couture, les explications, la cordelette. Et cerise sur le gâteau, la livraison est offerte sur ce kit à prix tout doux !

 

sachet de thé zéro-déchet kit DIY couture facile patron gratuit couture débutant

Frais de livraison offerts pour le kit complet pour réaliser vos sachets de thé en tissu bio ✔

 

Vous avez maintenant tout ce qu’il vous faut pour vous lancer dans cette petite couture zéro-déchet.

 

Mon sachet de thé : tutoriel pas à pas.

 

Matériel de couture :

 

◆ Un coupon de jersey 100% coton bio non-teint 8 x 20 cm,

◆ Une cordelette en coton : 60 cm,

◆ Un gros bouton de votre stock,

◆ Une machine à coudre ou une surjeteuse.

 

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coudre avec la machine à coudre ou avec la surjeteuse : tout est possible !

Patron du sachet à thé.

 

J’ai testé plusieurs formes et celle-ci cumule tous les avantages :

◆ facile à remplir avec une grande ouverture,

◆ facile à vider et à nettoyer grâce à l’arrondi du bas.

 

Le patron comprend simplement un rectangle de 8 cm x 20 cm.

 

Etapes de couture

 

La couture des sachets de thé est particulièrement facile. Elle est accessible à tous les débutants en couture avec une machine à coudre ou une surjeteuse.

 

◆ Plier le tissu en suivant le schéma ci-dessous

◆ Coudre (à la surjeteuse ou au point droit de la machine à coudre) en suivant le schéma ci-dessous. Couper le surplus de couture

 

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◆ Tresser la cordelette sur environ 7 cm. Nouer le bouton décoratif sur le bout de la cordelette.

◆ Fixer la cordelette à l’aide d’un point zig-zag très serré sur un des angles du sachet de thé

 

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J’ai choisi de garder les marges de couture à l’extérieur du sachet de thé (et non pas à l’intérieur du sachet). C’est en effet plus facile pour vider le sachet et le nettoyer de ne pas avoir les feuilles de thé qui jouent à cache-cache avec les marges de couture.

 

Utilisation du sachet de thé cousu-main et zéro déchet

 

Le coton est une fibre très absorbante et le thé a un fort pouvoir de teinture ! C’est pour ces deux raisons que le tissu va se teinter au fil des utilisations ; ce n’est pas un problème.

 

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Après chaque utilisation, je le vide et le rince à l’eau claire. Je recommande de NE PAS le laver en machine et d’éviter le détergent ; à défaut vous risquez d’avoir une infusion aux produits de lessive.

 

Par contre, je pense garder un sachet dédicacé aux tisanes et un autre sachet uniquement pour les thés. Je veux m’assurer que mes tisanes restent sans théine.

 

C’est maintenant le moment idéal pour une petite tasse, ou pour une grande théière, à vous de doser !

 

Vous êtes prêtes pour vous coudre vos propres sachets de thés réutilisables ?

Si je travaillais dans un bureau, je ferais plusieurs sachets pour épater les collègues !

 

Souvenez, vous, les frais de port sont offerts pour le mini kit de couture de sachet de thé qui vous permet de coudre vos propres sachets de thé réutilisables en tissu bio.

 

livraison gratuite pour ce mini kit de couture écologique ✌

 

 

certification textile ambition GOTS BCI Oeko-tex EU-ecolabel

Perdu dans la jungle des certifications textiles ? Défrichons le chemin !

Ecrit par Biologique, Monde textile 12 commentaires

Etat des lieux des certifications textiles durables, éthiques et/ou biologiques

 

De « coton durable » à « vêtements éthiques », les étiquettes des vêtements se remplissent d’appellations « vertes » jusque dans les rayonnages d’H&M. Mais que veulent dire ces certifications et ces logos ? Coton bio ? Manufacture éthique ? Avouez-le, on est vite perdu dans cette jungle de certifications !

 

Les règles de la Jungle des certifications « vertes »

 

Il existe plus de 100 certifications « éthico-durables » rien que pour le monde du textile. Pas étonnant qu’on soit perdu ! Voyons ensemble à quoi servent ces certifications.

 

Le textile (matière première pour la manufacture des vêtements) est principalement produit dans des pays à faible réglementation nationale, tant concernant la protection sociale que pour l’environnement. De plus, les règles internationales ne sont pas contraignantes (comme par exemple l’organisation mondiale du travail). Elles apportent une norme de comparaison, mais pas de garantie.

 

Parallèlement à ce manque normatif national et international, les consommateurs expriment une volonté croissante de consommer plus « éthico-durable ». Une étude réalisée dans 60 pays (Nielsen – 2015) montre que 66% de la population est prête à payer plus cher pour des produits et services «éthico-durables ».

 

certification textile ambition GOTS BCI Oeko-tex EU-ecolabel produit durable vêtement éthique

 

De cette conjoncture sont nés quantité de certifications. Elles sont le fruit d’associations d’entreprises privées du secteur textile, mais aussi d’ONGs ou de centres de recherche.

 

Et c’est là que le bât blesse. Nombre de ces sociétés qui financent les organismes de certification sont parties prenantes du système de la fast-fashion. Elles encouragent des certifications incomplètes, imprécises et parfois trompeuses pour bénéficier de l’essor du marché « éthico-durable » sans remettre en question le modèle de la fast-fashion.

 

En résumé, les certifications peuvent servir de couverture pour des sociétés qui veulent simplement profiter de ce qu’elles estiment être une nouvelle tendance. C’est du pur green-washing (tentative de traduction :« vert lavage », « verte teinture ») !

 

certification textile green washing BCI Oeko-tex

 

Heureusement, toutes les sociétés et toutes les certifications ne sont pas concernées.

 

Quelles failles dans les certifications « éthico-durables » ?

 

Il existe des certifications plus complètes, plus contraignantes ou plus garanties que d’autres. Voici les principales faiblesses de certifications qui sont exploitées par les entreprises de la fast-fashion :

  • Certification ciblée : La certification ne couvre qu’une partie de la chaine de production. Par exemple, uniquement les matières premières, ou uniquement l’usage de produits chimiques durant la production des vêtements, etc. Ces certifications peuvent être utilisées de façon particulièrement trompeuses parce que le vêtement est étiqueté « éco-durable » sans autre précision. L’étiquetage laisse croire au consommateur que l’entièreté du vêtement est « éthico-durable ».

 

certification textile ambition GOTS BCI Oeko-tex EU-ecolabel

 

  • Certification peu ambitieuse : Une certification se doit de fixer un cadre (ciblé ou complet) et des critères sur chaque étape qu’elle certifie. Certaines certifications ont du mal à fixer des critères ambitieux et clairs. Les critères sont parfois tellement vagues qu’ils deviennent inutiles. Par exemple Oeko-tex recommande l’approvisionnement des matières premières « à des fournisseurs qui peuvent prouver leurs responsabilité et leur durabilité (« sustainability ») ». Comment ? Avec quelles garanties ? Aucune précision sur le sujet. De facto, cette ambition de la certification devient simplement une recommandation qui finalement est ignorée.

certification textile ambition GOTS BCI Oeko-tex EUlabel

 

  • Certification en auto-évaluation : La certification est une substitution à la confiance. Si vous connaissez un producteur de carottes, vous n’avez pas besoin qu’il soit certifié. Vous pouvez parler avec lui et lui faire confiance sur sa démarche et son sérieux « éthico-durable ». Les certifications amènent ce cachet de confiance pour des sociétés qui ne peuvent pas nous convaincre de visu. Mais comment s’assurent t’elles du respect de leur norme auprès des sociétés certifiées ? Certaines certifications font le choix de l’auto-évaluation. Parce que l’évaluation de chaque fournisseur sur de nombreux critères, chaque année, coûte extrêmement cher. Cela permet il vraiment d’avoir pleinement confiance ?

certification textile confiance GOTS BCI Oeko-tex EUlabel

 

  • Certification dépendante et opaque : Une certification qui est principalement financée par de grandes sociétés de la fast-fashion va t-elle pouvoir imposer le niveau de standard et de vérification nécessaire pour éviter le green-washing?

La transparence et l’indépendance des organismes de certification sont cruciales pour maintenir la confiance du consommateur.

 

Revue des certifications textiles principales

 

Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Les certifications ne sont pas toutes trompeuses à dessein. Cependant, un consommateur averti en vaut mille et la petite revue des certifications textiles ci-dessous vous permettra d’identifier plus facilement les pièges du green-washing !

 

Il existe plus d’une centaine de certifications « éthico-durables » pour le textile. Les certifications les plus visibles sur le marché textile sont analysées ci-dessous.

  • OEKO-TEX
  • BCI : Better Cotton Initiative
  • EU Ecolabel de la Commission Européenne
  • GOTS : Global Organic Textile Standard

 

certification textile ambition GOTS BCI Oeko-tex EU-ecolabel

Oeko-tex : la protection de la santé du consommateur avant tout

 

Le standard 100 de Oeko-tex garanti que le produit final ne contient aucun des produits identifiés comme dangereux pour la santé du porteur du vêtement. C’ets la certification la plus courante chez Oeko-tex. certification textile bio éthique green washing oeko-tex standard 100

Cette certification NE garantit PAS :

  • que les matières premières sont biologiques. Les OGM, pesticides et engrais chimiques sont autorisés.
  • que les produits chimiques dangereux ne sont pas utilisés durant la production. Ils peuvent être utilisés tant qu’ils sont retirés du vêtement avant sa commercialisation
  • que le traitement des déchets (en particulier les déchets liquides) est optimal. Le standard 100 ne traîte pas du tout du traitement des déchets.

Ce standard ne couvre donc aucune étape de production. Il se base uniquement sur le produit fini.

 

Par ailleurs Oeko-tex a mis en place un processus de certification des usines de production textile (STeP) qui traite l’utilisation et le traitement des produits chimiques. Cependant, cette certification ne restreint pas les produits chimiques nécessaires à la production de la viscose (CS2) et n’est pas nécessaire pour la certification Oeko-tex des vêtements avec le label Standard 100.

 

Le résultat est compliqué et porte certainement à confusion pour personne non-expert de ce panel de certification. Toute certification Oeko-tex doit être détaillée (Standard 100, STeP, Made in Green, etc) sinon elle ne veut rien dire.

 

« Better Coton Initiative » (BCI): Une initiative, mais pour certifier quoi ?

 

La certification BCI a été créée par le partenariat entre le WWF et un ensemble de mammouths du monde textile (H&M, Adidas, GAP, IKEA, etc). Les objectifs de cette initiative sont :

  • Réduire les pesticides dans la culture du coton.
  • Réduire la consommation en eau.
  • Augmenter la qualité des sols de culture.
  • Maintenir un niveau de qualité des fibres de coton.

 

certification textile bio éthique green washing BCI better cotton initiative

 

L’association BCI a mis en place un système de bonnes-pratiques et des manuels pour atteindre ces objectifs. Il n’existe pas de critères clairs pour mesurer l’atteinte des objectifs. Par ailleurs, rien n’est spécifiquement interdit (OGM, pesticides, engrais synthétiques, etc.).

 

La philosophie de base est que chaque cultivateur de coton doit s’inscrire sur un chemin qui tend vers plus de « durabilité ». C’est pour cette raison qu’il n’y a pas de critères définis de ce qui est accepté ou non. Ce qui est important, c’est de progresser dans la bonne direction.

 

Cette philosophie est largement défendable et les objectifs du BCI sont louables. Mais couplée à une auto-évaluation des fournisseurs pour garantir eux-mêmes leur progression sur le chemin de la « durabilité », c’est un peu nous faire croire au monde des Bisounours.

 

L’initiative BCI ne couvre pas l’aspect « éthique » de la production de coton (salaire minimum, etc.).

 

Vous comprenez qu’en termes de transparence et d’indépendance, le coton BCI n’est pas le roi de sa catégorie.

 

EU Ecolabel : le cycle de vie complet des vêtements

 

Cette certification porte exclusivement sur les critères environnementaux et non sur les critères sociaux. L’ensemble du cycle de production des vêtements est pris en considération (de la production de la fibre à la manufacture du vêtement). Tout produit commercialisé en Europe peut prétendre à cette certification même si il est produit en dehors de l’UE.

certification textile bio éthique green washing EU-ecolabel

L’EU Ecolabel assure une optimisation de la consommation en eau et du traitement, recyclage des déchets et en particulier des rejets liquides.

Cependant, cette certification NE garanti PAS :

  • que le coton est biologique. Cette certification s’applique pour les fibres naturelles et synthétiques,
  • que la viscose est produite en accord avec les meilleures techniques disponibles pour la protection de l’environnement.

 

L’EU Ecolabel est révisé tous les 4-5 ans. Ce qui ne permet pas toujours de rester à la pointe des meilleures technologies environnementales disponibles.

 

GOTS : globale et véritablement « éthico-durable »

 

Le « Global Organic Textile Standard » (GOTS) est la certification la plus complète. Elle couvre les aspects environnementaux, de la culture (pas d’OGM, de pesticide, d’engrais synthétique, etc.) à la confection des vêtements (teinture, traitement du textile, manufacture des vêtements, etc.). C’est la seule certification traitée dans cet article qui garanti que le coton soit biologique, du moins pour un certain pourcentage du vêtement fini. 95% de fibres d’un vêtement doivent être de provenance biologique pour qu’il soit certifié GOTS. Cela inclut les étiquettes, fermetures éclairs, ruban de décoration, thermocollant, etc.

certification textile bio éthique green washing GOTS global organic textile standard

Par ailleurs, cette certification transversale couvre aussi les aspects sociaux. Ils ne sont clairement pas la priorité de GOTS. Le critère fondamental est le respect du règlement mondial du travail principalement pour les étapes de traitement du coton et de confection des vêtements (travail des enfants, heures supplémentaires, salaires décents, etc.).

 

La certification des sociétés et fournisseurs est assurée par un contrôle annuel sur l’ensemble des critères.

C’est la certification de tous les fournisseurs des tissus bio de Mars-ELLE.

Résumé certification textile

Voici le resumé des quatre certifications analysées:

 

certification textile ambition GOTS BCI Oeko-tex EU-ecolabel

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Halte là, green-washing !

 

Vous comprenez aisément à la lumière des résumés ci-dessus que les certifications « éthico-durables » peuvent facilement être utilisées à des fins purement marketing. Tromper un consommateur qui veut s’engager dans une consommation responsable n’est pas si compliqué. Certaines marques font du pur green-washing sans volonté de progresser sur un chemin « éthico-durable ».

 

 

Cette dérive est largement dénoncée par le rapport « The false promise of certification » ( Changing Market Foundation – 2018) et par « Clean Clothes Campaign ».

 

Cet état des lieux des certifications est loin d’être exhaustif. Renseignez-vous en partagez autour de vous, avec vos familles, amis, collègues et même ici, les informations, les questions sur le sujet. Il existe une quantité d’autres labels et standards à investiguer qui balisent et garantissent, plus ou moins, les aspects éthiques et/ou environnementaux.

 

Mais vous comprenez maintenant, qu’une étiquette «  coton durable » ne donne pas nécessairement toute l’information pour vous permettre de faire un achat engagé!

 

Un consommateur averti en vaut mille ! Gardez l’œil ouvert!

 

Pour aller plus loin :

 

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certification textile ambition GOTS BCI Oeko-tex EU-ecolabel

jersey biologique tutoriel couture

Mars-ELLE et ses tissus fleuris jersey bio GOTS sortent du bois

Ecrit par Biologique, Coton, Inspiration Aucun commentaire

Aujourd’hui, c’est un jour que j’attends avec beaucoup d’impatience depuis près d’un an.

Je me sens à la fois fébrile et extrêmement chanceuse de pouvoir enfin vous présenter le fruit de mon travail.

Dans le monde textile, on peut trouver, d’une part des tissus biologiques généralement unis et intemporels, et d’autre part des tissus à motifs (ceux qui me font complètement craquer) dont nous ne savons le plus souvent rien du tout. D’où viennent-ils ? Quelles qualités ont-ils ? Parfois, même la composition, le mélange des fibres reste un pur mystère.

Si vous êtes amoureuse des motifs et que vous voulez prendre soin de la planète, vous voici dans une situation schizophrénique ! Encore un paradoxe. Encore du pour et du contre. Encore une obligation : choisir entre votre plaisir et vos valeurs, entre le Ying et le Yang.

Et c’est précisément sur ce constat qu’est née Mars-ELLE , une marque de tissu engagée navigant entre Ying et Yang. Les tissus que je vous présente aujourd’hui sont le fruit d’une série de choix qui ensemble forment l’identité de Mars-ELLE :

  • le choix de la matière première,
  • le choix du tissage,
  • le choix environnemental,
  • le choix géographique,
  • le choix du style,
  • le choix de la qualité, jusque dans les détails.

Une fois n’est pas coutume : faire ces choix n’a jamais été aussi simple ! Voici le détail choix par choix, les paradoxes de la couturière, les besoins et les envies d’une amoureuse du tissu tels qu’ils ont façonné le chemin de Mars-ELLE.

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Mars-ELLE est née dans les échantillons de tissus, nombreux, petits, avec leurs étiquettes, fiches techniques et certificats. Je les ai regardés de loin, de près, caressés, retournés, pliés, chiffonnés, étirés pendant des semaines et mon regard est resté sur celui-là, le tout doux, le tout léger, avec ce petit reflet magnifique pour un prix raisonnable. Une fois les premiers motifs tests imprimés, je l’ai cousu, porté et finalement c’est celui-là que Mars-ELLE a choisi. C’est un produit de qualité. Je vous montre ?

Matière : le choix du coton

Choisir le coton dans le cadre d’une démarche engagée pour l’environnement n’est pas aussi évident qu’il y paraît. Cette fibre consomme énormément d’eau (voir l’article sur la culture du coton et l’article sur la consommation d’eau du coton bio) et son traitement requiert parfois une chimie importante. Le coton est responsable de bien des dégâts aux quatre coins du monde.

Le coton est produit à grande échelle partout sur notre globe. C’est une fibre largement utilisée pour l’habillement et son nom est bien connu de l’utilisateur final. Toutefois, le déficit d’information laisse un vaste espace de communication pour le lancement d’une nouvelle marque engagée. La fibre de banane peut aussi faire de très beaux textiles, mais pour une novice, ce n’est pas si simple de se lancer le monde de la banane. Alors qu’avec le coton, c’est bien plus simple.

Le coton est donc la fibre la plus évidente pour commencer une collection textile responsable, parce que le coton est une fibre végétale naturelle, elle doit donc le rester jusqu’au contact avec votre peau.

Pour allier le Ying et le Yang du coton, le pour et le contre, Mars-ELLE fait le choix du tissu coton biologique.

Tissage : le choix du jersey

Choisir le jersey, c’est la décision « disruptive ». Du jersey BIO, vous voyez ça souvent ?

Et c’est bien dommage, parce que le jersey est une étoffe particulièrement simple à travailler tant pour des vêtements confortables que pour des réalisations plus « chics » (Aaaah, si nous pouvions encore demander à Coco ce qu’elle en pense ! ).

Avec Mars-ELLE, vous ne devez plus choisir entre votre envie de protéger l’environnement et vos envies de couture jersey ! Cette première collection est un retour aux sources.

Mais le jersey BIO nécessite aussi d’avoir un tissu 100% coton : pas une trace d’élasthanne dans le tissu. La logique de Mars-ELLE ne peut souffrir aucun compromis sur ces valeurs environnementales : le jersey de Mars-ELLE est donc 100% coton, 100% BIO.

Le jersey 100% coton a une élasticité moindre que le jersey de fibres mélangées (coton plus élasthanne) ou que le lycra. Il est moins nerveux.

Pas de panique, il ne vas pas se déformer jusqu’à garder une forme incongrue ! Mais quelques précautions de couture s’imposent ; comme de faire une piqure de soutient de l’encolure lors de la pose de parementures ou de cols. Rien de sorcier.

Pour le reste, le jersey est le tissu des T-shirts, avec un choix de grammage suffisamment élevé pour ne pas être transparent et suffisamment bas pour garantir légèreté et fraicheur en été. C’est un exercice subtil d’équilibriste que de choisir la tenue, le poids, et la résistance du tissu pour assurer douceur et maintien ! C’est le Ying et le Yang du jersey.

 

Cerise sur le gâteau, une finition anti-bouloche est appliquée au tissu de Mars-ELLE. Fini les T-shirts portés trois fois et qui ressemblent à un sapin de Noël pour « Poly Pocket » avec des mini-bouloches sous les bras ! Le jersey bio de Mars-ELLE est pensé pour le confort mais aussi pour résister aux frottements de la vie.

Environnement : jersey bio GOTS et la transparence.

Les certifications, c’est une jungle incroyable. En particulier pour le textile, vous pouvez aisément vous perdre entre les appellations et parfois les certifications durables, écologiques, biologiques, éthiques, etc.

Mars-ELLE ne fait aucun compromis sur ce terrain-là et a sélectionné la certification la plus élevée en termes de respect de l’environnement (de la culture à la production). En plus, cette certification garantit aussi le respect des personnes et de leurs conditions de travail.

GOTS est le choix le plus exigeant. La certification GOTS vous garantit des tissus biologiques et éthiques. Bien sûr, ça a un coût. C’est le Ying du Yang des questions environnementales et éthiques.

Mars-ELLE est aussi en chemin pour obtenir la certification GOTS en son nom propre. D’ici là, je mets à votre disposition les certificats GOTS du fournisseur, teinturier et imprimeur du tissu (sur demande à info@mars-elle.com).

Géographie : le choix de l’Europe

Notre continent a longtemps été un pôle d’excellence en matière de production textile, jusqu’au jour où la mondialisation a frappé le monde occidental. Mais ici et là, disséminés en Europe, il reste des producteurs de textile.

Mars-ELLE a décidé de travailler avec ces producteurs européens. Pas parce qu’ils sont passionnés ou nécessairement meilleurs ; mais parce qu’ils font perdurer un savoir-faire proche de nous.

Le coton cultivé loin d’ici, là où l’eau et le soleil sont plus généreux, a convergé vers la Grèce où il a été tricoté, teint et imprimé pour vous.

Et comme pour les choix environnementaux et éthiques, le choix géographique implique un coût plus élevé. Chaque choix est difficile ; il faut en être conscient et assumer les conséquences de chacun d’entre eux. Le Ying et le Yang, vous dis-je !

Mars-ELLE tissu biologique coton jersey organic fabric

Style : le choix des jersey imprimé (et de l’uni)

Je ne veux plus devoir choisir entre mes convictions écologiques, mon besoin d’avoir des vêtements unis dans ma garde-robe et mon plaisir incroyable de coudre des tissus à motifs. Ce sont deux éléments complémentaires, mon Ying et mon Yang (encore eux) : les unis de la sobriété et les motifs du plaisir !

Les jerseys BIO, ne sont pas légion. Les jerseys BIO à motifs le sont encore moins. Et les rares jerseys BIO à motifs sont bien trop souvent «layette-bébé-design ». Il est temps de vous faire PLAISIR sans compromis avec de beaux tissus, de beaux motifs et une certification BIO à toute épreuve.

Une couture toute simple réalisée avec un bel imprimé vous donnera sans effort un look affirmé et lumineux.

Les motifs, c’est l’occasion d’exprimer pleinement votre personnalité ! Lorsque vous cousez vos vêtements, vous avez la possibilité d’exprimer votre individualité et de mettre en évidence votre créativité. Les motifs sont un moyen de plus, un incroyable atout pour vous distinguer. Discrètement ou en look complet, ce qui compte c’est de vous exprimer et d’y prendre du plaisir.

Mais pas que de l’extravagance, les unis sont aussi de la fête. Parce qu’ils sont les meilleurs amis des motifs. Et pour pousser cette logique jusqu’au bout, les unis de Mars-ELLE sont assortis aux couleurs choisies pour les motifs. C’est la porte ouverte à la grande création !

 

jersey coton biologique vendu au mètre tissu bio motif bleuet bleu marine Mars-ELLE

 

Pour une fois le choix a été de ne pas choisir. On prend avec nous les motifs ET les unis !

Qualité et engagement : jusque dans les détails

Mars-ELLE s’engage jusque dans les détails. Votre jersey est BIO de bout en bout mais pas question d’oublier les aspects non-textiles : les enveloppes qui emporteront votre coupon jusqu’à vous sont produites à partir de papier recyclé, de même que les cartes qui se trouvent dans votre paquet.

 

Après tous ces choix, l’aventure peut enfin commencer avec les jersey bio imprimé et uni de Mars-ELLE disponibles uniquement sur la boutique en ligne!

Et j’ai incroyablement hâte de voir ce que vous allez réaliser avec les tissus de Mars-ELLE ! Voir ce qu’ils vous inspirent ?

Les tissus sont en prévente jusqu’au 30 juin. Attention, les motifs ont été produits en toute petite quantité.

Je reviens très vite pour vous parler de l’inspiration à la base de la création de cette collection et aussi pour vous raconter les premiers pas de Mars-ELLE et tout le travail réalisé en amont (si vous voulez ne rien rater, pensez à vous inscrire à la Newsletter)

Irrigation coton biologique et conventionnel consommation en eau impact

Entre le coton biologique et le coton conventionnel, la guerre de l’eau est déclarée !

Ecrit par Biologique, Coton, Monde textile Aucun commentaire

Un des aspects fondamentaux de la culture du coton biologique et du coton conventionnel, c’est l’eau. La culture du coton est tenue responsable de l’assèchement de la mer d’Aral (oui, toute une mer, pfuittt, envolée). En Inde, elle est aussi pointée du doigt lorsqu’il est question de la problématique grandissante de l’appauvrissement des nappes phréatiques.

 

Le coton et l’eau vivent une histoire d’amour compliquée. Le coton a des besoins considérables qui tentent à assécher sa partenaire, la terre. Une relation à la vie à la mort qui peut vite devenir mortelle !

 

Est-ce que ce couple est aussi problématique si on remplace le coton conventionnel par son frère, le coton biologique ? (Ceci est une expérience purement métaphorique, à ne surtout pas tenter avec des amis pour vérifier le taux de toxicité de leur couple…)

 

En se baladant sur le net, vous trouverez des informations presque miraculeuses : la culture du coton biologique consomme 91% d’eau en moins que la culture du coton conventionnel. Autrement dit, la culture biologique permet de consommer 10 fois moins d’eau que la culture conventionnelle. Waaaaw, c’est presque magique. C’est tellement magnifique que j’ai voulu en savoir plus !

 

C’est mon côté Saint Thomas. Pour y croire, je dois le voir. Je me suis perdue des heures durant dans les méandres du net pour collecter, digérer et comprendre des informations techniques, rébarbatives et parfois même un peu contradictoires. Le but est de comprendre ce chiffre magique : 91% en moins !

 

Pour bien comprendre tout ce qu’implique la culture biologique du coton comparée à la culture conventionnelle, vous pouvez vous replonger dans l’article dédié à la culture du coton biologique comparée à la culture conventionnelle et dans l’article dédié aux besoins climatiques du coton.

Irrigation coton biologique et conventionnel consommation en eau impact

Système d’arrosage partiellement à l’abandon

Vous venez avec moi questionner la magie du 91% ? Comprendre ce qu’il y a sous un chiffre apparemment simple et magnifique ? C’est parti !

A la recherche du « 91% » perdu en faveur du coton bio

 

Ce chiffre magique de 91% se retrouve sur bien des pages web sans aucune référence expliquant d’où il vient, pourquoi, comment, sur base de quelles hypothèses…

 

Et il est difficile à traquer le bougre. Parce qu’il laisse peu de traces derrière lui. Pas de liens, pas de références vers les études. Ce 91% est partout mais est très peu documenté. Le net n’est pas toujours aussi transparent qu’il le fait croire.

 

J’ai finalement mis la main sur la source de cette information. Ou plutôt sur les conclusions du rapport, mais c’est déjà pas mal. Les chiffres ont été bien moulinés et sont super clairs. Trop clairs, trop simple ?

 

L’étude de « Textile Exchange » reprend les productions de coton sur l’année 2014 de l’Inde, de la Chine, des Etats-Unis, de la Turquie et de la Tanzanie qui à eux seuls totalisent plus de 95% de la production mondiale de coton. L’échantillon considéré pour cette étude est très largement représentatif de la culture du coton.

 

L’étude évalue deux types d’empreintes sur l’eau :

  • L’empreinte  « Bleue » : c’est l’eau d’arrosage et d’irrigation. C’est celle qui est pompée des rivières et des nappes phréatiques. Cette eau va être utilisée par la plante (pour se construire, pour respirer, etc.) ou bien elle va être restituée directement vers le sol. Etant donné que le chemin de l’eau est modifié, toute l’eau prélevée par le système d’irrigation et d’arrosage sera comptabilisée même si la plante n’en utilise qu’une partie.
  • L’empreinte « Verte » : c’est l’eau de pluie ou l’humidité naturelle du sol. Dans ce cas, seule l’eau consommée par la plante est prise en compte. L’eau de pluie non utilisée par la plante ne subit pas d’impact dû à la culture du coton. Elle poursuit son chemin naturel vers le sol.

 

Irrigation coton biologique et conventionnel consommation en eau impact

Canal d’irrigation

Le rapport ne fait pas mention des hypothèses prises sur les données climatiques. Ben oui, on parle de centaines de milliers de fermes, c’est dur d’être précis sur les niveaux de pluie, le taux de pénétration dans le sol. Même imprécision pour la consommation d’eau d’irrigation (mon côté Saint Thomas vous disais-je…). D’où viennent ces données d’entrée ? Dans quelle moulinette à chiffres sont-elles passées ? Aucune idée !

 

Bref, « Textile Exchange » secoue le chapeau et Tadam, en sort le joli chiffre de 91%. C’est bon, ne cherchez plus ! On l’a trouvé le calcul de ce joli 91% qui se balade partout sur la toile. Dix fois moins d’eau pour la culture du coton biologique que pour le coton conventionnel.

 

Le WWF en action pour le coton

Mais je ne me suis pas arrêtée là, et j’ai mis la main sur un joli rapport réalisé par le WWF pour le compte de C&A (oui oui, la grosse marque de prêt-à-porter) qui devait aussi se demander d’où venait ce beau 91%.

 

L’étude, très sérieuse et très complète met en œuvre un procédé d’évaluation de la consommation d’eau totale pour la culture du coton conventionnel et du coton biologique pour plusieurs centaines de fermes dans différentes régions d’Inde (plus de 200 fermes biologiques). L’étude a porté sur les cultures de 2012 et 2013. Les données ont été collectées le plus précisément possible, cependant certaines variables ont dû être estimées (le temps de pénétration de l’eau dans le sol, etc.). Les résultats de ce type d’étude doivent toujours être interprétés avec précaution.

 

Par ailleurs, les zones concernées dans l’étude sont globalement pas ou peu irriguées. Ce qui est plutôt peu courant pour la culture du coton conventionnel qui en général use et abuse de systèmes d’irrigation.

 

Irrigation coton biologique et conventionnel consommation en eau impact

Système d’arrosage qui pompe directement dans la nappe phréatique.

Premières observations de l’étude du WWF sur la consommation d’eau du coton bio et conventionnel.

 

Après analyse des chiffres et des graphiques, les premières conclusions ressortent :

  • Dès qu’il y a irrigation, l’empreinte « Bleue » globale augmente drastiquement étant donné qu’il faut prélever 2 litres sur une rivière pour espérer asperger 1 litre sur la plante, le reste sera perdu en fuites et évaporation. Sur le litre utilisé pour l’arrosage, la plante n’en prélèvera qu’une fraction. Mais dans le calcul, c’est bien les 2 litres prélevés dans la rivière ou les nappes phréatiques qui sont pris en considération. En terme d’efficacité d’utilisation de l’eau prélevée, c’est très mauvais.
  • Les sols biologiques sont plus riches en matières organiques, ils retiennent donc plus l’eau que les sols érodés de la culture conventionnelle. La richesse organique des sols de culture biologique est due notamment à la rotation des cultures, la mise en jachère, l’acceptation des « mauvaises-herbes », etc. De ce fait, l’empreinte « Verte » des cultures biologiques est plus élevée, pas parce qu’il pleut plus, mais parce que le sol retient plus longtemps l’eau de pluie grâce à sa matière organique. Cette eau de pluie peut donc plus profiter à la plante. De ce fait, le coton a moins besoin d’être arrosé et l’empreinte « Bleue » est plus faible.
  • Pour les zones géographiques qui ne nécessitent pas d’irrigation, le total des empreintes « Bleue » et « Verte » pour le coton conventionnel est légèrement supérieur à celui du coton biologique (c’est bien la tendance qu’on attendait, mais on est loin des 91%). Et oui, un plan de coton qu’il soit engraissé aux produits chimiques ou pas a besoin de plus ou moins la même quantité d’eau.

 

Mais le rapport ne s’arrête pas là et considère l’empreinte « Grise » sur l’eau. Cette empreinte considère la quantité d’eau nécessaire pour diluer les polluants relâchés dans l’environnement à un niveau acceptable selon les standards internationaux.

 

Cette quantité d’eau calculée pour quantifier l’empreinte « Grise » n’est pas effectivement prélevée à l’environnement pour diluer les polluants. Mais elle est néanmoins prise en compte pour considérer deux situations finales qui sont comparables (aka : un environnement sain).

 

Selon cette étude, en Inde, l’empreinte sur l’eau (et non pas la consommation, on est bien d’accord !) est globalement 25 fois plus élevée pour la culture du coton conventionnel que celle du coton biologique. Gloups… Cette façon de calculer l’empreinte sur l’eau prend en compte la pollution de l’eau sur un échantillon de fermes cotonnières avec peu, ou sans irrigation.

 

Comparaison de la consommation en eau du coton biologique et conventionnel irrigation empreinte grise polluant assèchement des nappes phréatiques

 

Dans le cas d’une comparaison qui prendrait en considération l’empreinte grise et l’irrigation des cultures conventionnelles, on peut s’attendre à des extrêmes encore plus prononcés. Dans ce cas, la culture biologique du coton permettrait un impact sur l’eau peut-être 30 ou 40 fois moins important que la culture conventionnelle. Attention, ceci est une extrapolation qui n’est pas confirmée par une étude en bonne et due forme.

 

Conclusions de Mars-ELLE sur les consommation d’eau du coton bio

 

La première conclusion, c’est que ça n’est pas si simple de comparer des pommes et des poires (culture conventionnelle et biologique, irrigation ou pas d’irrigation, variations du climat). Les deux rapports analysés ci-dessus prennent des échantillons de base différents et appliquent des méthodes de comparaison différentes. Et encore, là je vous ai fait la version « courte » (oui oui, aussi courte que possible) parce que des méthodes d’évaluation, des rapports et des statistiques, il en existe bien d’autres.

 

Fondamentalement, qu’est-ce qu’il faut retenir de tout ça ?

 

Sans irrigation, le coton biologique ne consomme pas beaucoup moins d’eau pour sa croissance que son copain conventionnel. Cependant, la majorité de la culture conventionnelle de masse est faite dans des zones avec un très fort besoin en irrigation. Ce qui impacte terriblement l’empreinte globale de la culture conventionnelle. Et tout ça sans compter l’eau qui serait nécessaire pour diluer à un niveau acceptable les polluants répandus un peu partout dans les sols et les eaux par cette même culture conventionnelle.

 

Et comprenez bien qu’ici, nous ne parlons que de la culture du coton. On n’a même pas comparé la consommation en eau pour la production textile et la teinture pour une filière classique, ou une filière GOTS !

 

Bref, dites 91% en moins, 10 fois mois, 25 fois moins, si ça vous arrange (et que vous ne souhaitez pas vous lancer dans 4 pages de digressions comparatives), mais surtout citez vos sources !

 

 

Les sources utilisées pour cet article :

Les conclusions du rapport de Textile Excahnge

Le rapport du WWF pour C&A

Pourquoi du tissu en coton biologique pour Mars-ELLE?

Ecrit par Biologique, Coton, Monde textile 4 commentaires

Etat des lieux du tissu en coton bio

 

Quand je parle de mon projet de tissu bio autour de moi, les gens me demandent souvent, « Mais ça veut dire quoi exactement coton biologique ? » ou bien « qu’est ce que tu veux dire par « coton biologique », tu ne vas pas le manger quand même?»….. Je réalise suite à ces discussions, combien nous sommes souvent déconnectés des réalités du monde textile.

Le textile et en particulier la mode, représentent un marché d’environ, à la grosse louche 3,000,000,000,000 dollars par an. Autrement dit 3 millions de millions de dollars par an (ça fait un sacré paquet de tissu n’est ce pas ?). C’est un secteur qui vend une image glamour et qui reste sous les radars de la transition écologique actuelle qui touche pourtant largement l’alimentation et l’énergie. Alors soulevons ensemble un bout de l’épais tapis qui recouvre tout ça pour tenter de comprendre le « coton biologique ».

Tout d’abord, pourquoi ce besoin de coton biologique ? Simplement parce que environ 2,5% des terres cultivables mondiales sont consacrées à la culture du coton, alors que cette même culture du coton consomme environ 15 à 20% des pesticides mondiaux. Gloups.

 

Coton biologique récolte

Autrement dit, les pesticides sur les champs de tomates (culture conventionnelle qui probablement ne se fait même plus dans un « vrai champ ») c’est déjà pas jojo, mais pour le coton, à surface équivalente, on asperge environ 10 fois plus de produits chimiques. On ajoute à ça, les engrais, la consommation incroyable en eau, l’appauvrissement des sols, les traitements chimiques de la fibre et du tissu et j’en passe et des meilleures. S’impose alors naturellement la nécessité impérative de repenser et de revoir le modèle de production du coton.

Coton conventionnel versus coton biologique: le duel

 

Je ne suis pas ici pour démoraliser l’assemblée. Non ! Je suis ici, parce qu’il existe des solutions. Des solutions connues, maitrisées et applicables qui permettent de répondre point par point aux problématiques de pollution de la culture du coton et de la fabrication textile. YESSSSSS ( je vous avait dit que j’avais des bonnes nouvelles).

Voici un petit tableau comparatif des grandes étapes de culture et de manufacture pour vous permettre de comprendre l’impact du coton biologique comparé à son opposant, le coton conventionnel. Petit duel en règle, niak niak:

Biologique
Conventionnel
Préparation des graines
Non traitée, sans OGM
Traitées avec des fongicides et insecticides, possibles OGM
Préparation du sol
Rotation des cultures, engrais naturels
Engrais synthétique, mono culture intensive appauvrissement des sols
Contrôle des « mauvaises herbes »
Arrachages mécaniques ou manuels et tolérance sur les mauvaises herbes bénéfique pour les insectes et animaux
Insecticides et pesticides utilisés en masse, sol mis à nu.
Production (filage)
Stabilisation de la fibre avec utilisation d’agents non-toxiques
Stabilisation de la fibre avec utilisation d’agents toxiques
Blanchiment
Blanchiment au peroxyde non-toxique
Blanchiment à la chlorine, création de sous-produits toxiques
Traitement du tissu
Traitement à l’eau chaude avec contrôle du PH par des produits non-toxiques
Traitement à l’eau chaude et produits chimiques additionnels
Teinture
Basse concentration de métaux lourds et de sulfures
Haute concentration en métaux lourds et sulfures
Impression
Pigments en base aqueuse ou pigments sans métaux lourds
Pigments issus du pétrole avec haute concentration en métaux lourds
Prix d’achat
Elevé
Bas
Prix sur le long terme
Le prix juste pour protéger notre environnement. Les coûts des mesures pour protéger l’environnement et la société sont inclus à chaque échelon dans le processus de production.
Enorme. Les coûts liés aux impacts sur l’environnement (dépollutions, coûts sociaux, etc.) ne sont pas pris en compte dans le prix de vente et devront être assumés plus tard par on ne sait pas bien qui…

Coton biologique de la graine au tissu mars-elle tissu vente au mètre coton bio

Bref, on compte les points, et on comprend vite que les jeux sont biaisés, que les dés sont pipés, que l’arbitre est un gros vendu. Que seul le prix d’achat compte. Qu’à l’échelle mondiale les autres points sont du pipeau sinon, je ne serai pas en train d’expliquer à tout mon entourage « pourquoi du coton bio »…. Pourquoi, le coton biologique devrait être la norme!

Le futur du Coton Biologique?

 

Noooon, je vous avais dit que je n’étais pas ici pour démoraliser l’assemblée, alors… place aux bonnes nouvelles !

En 2016, il y a eu une production d’environ 110 000 tonnes de coton biologique, ce qui représente une part d’environ 0,5% de la production mondiale du coton. Hé ! On avait dit des bonnes nouvelles Mars-ELLE. La bonne nouvelle, c’est que les chiffres de 2017 doivent encore être compilés et digérés par la grande machine à statistique, mais une augmentation signification de la production est attendue. On attend une augmentation d’environ 3-4% comparée à la production de 2016.

En parallèle, le coton durable se taille lui la part du lion. Son patronyme n’est pas particulièrement bien choisi et, en bon mot valise qu’il est, il englobe tout et un peu n’importe quoi (je vous parlerai de cela dans un prochain article). Oui, sa définition n’est pas claire comme du cristal, mais il connaît une augmentation significative sur les dernières années. Il représente actuellement environ 15% de la production mondiale annuelle du coton. Ce qui veut dire que les mentalités évoluent, enfin !

fleur de coton biologique pesticides

J’ai encore tellement de choses à partager avec vous sur le textile, la jungle des certifications, ce fameux « coton durable », l’hypocrisie des grandes marques, les avancées significatives en agronomie, les questions d’impact social, le modèle économique. Et encore une foule d’autres sujets pour soulever ensemble, un petit peu plus chaque fois, le tapis qui nous cache la réalité du monde du textile.

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