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L’histoire du Jeans : vêtement des révolutions du XXe siècle

Ecrit par Coton, Monde textile 3 commentaires

L’histoire du Jeans : un vêtement à l’image de notre histoire

Aujourd’hui le Jeans semble banal et commun.

  • C’est un basique, c’est une pièce mode.
  • C’est un vêtement de chantier, c’est un vêtement de luxe.

Mais le Jeans c’est surtout un vêtement qui a traversé les années et qui a su imposer sa suprématie dans le monde entier.

Cette pièce iconique se trouve actuellement dans TOUTES les garde-robes. Celle votre grand-mère, de votre petite nièce de 5 ans ou de votre guide touristique à Bali.

Le Jeans est partout.

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Mais ce qui me fascine avec le Jeans c’est son histoire. Parce que l’histoire du Jeans raconte aussi NOTRE histoire. Il a évolué avec la société, mode après mode, crise après crise, révolution après révolution.

Retour sur 150 années de folie du Jeans !

Le Jeans des cow-boys est né il y a 150 ans.

Les ancêtres du Jeans d’aujourd’hui sont des vêtements de travail fait en Jean et non en Denim qui n’a pas encore été inventé (lire la différence entre Jeans, Jean et Denim, ici). Ces vêtements sont utilisés par les esclaves qui travaillent dans les champs de coton aux Etats-Unis. Ce sont principalement des « Over-all » : littéralement des « pardessus-tout », sorte de grosse salopette plutôt rigide qui s’enfile au dessus des vêtements.

Le vêtement de travail en Jean à porter au dessus de tout : Le « Overall »

Mais le Jeans est vraiment né le jour où la toile Jean est remplacée par de la toile Denim, plus souple, dans les années 1860. Ce changement d’étoffe permet en effet aux travailleurs de porter les « over-all » comme un vrai vêtement.

Pour compenser la faiblesse du nouveau tissu (qui est plus confortable mais moins solide), Lévi-Strauss dépose en 1873 le brevet des poches à rivet en cuivre. Quelques années plus tard, profitant de sa domination sur le marché grâce à son exclusivité, Lévi-Strauss développera la couture rabattue avec double surpiqure toujours dans un souci de solidité. Les bretelles sont ensuite peu à peu délaissées au profit des passants de ceinture.

Et c’est comme ça que fin du 19e siècle, le Jeans a déjà tous les éléments emblématiques qui ont traversé les époques jusqu’à nous :

  • le tissu Denim,
  • les rivets en cuivre,
  • les coutures rabattues
  • et les passants de ceinture.

 

Le jeans des Etats-Unis vers l’Europe.

Aux Etats-Unis, le Jeans a progressivement gagné une bonne part du marché des pantalons de toile. Il redevient salopette, pour enfant, en 1912 et pantalon de travail pour les femmes vers 1918.

Lors de la grande dépression américaine, le Jeans profite de son bas coût pour sortir des plaines du Far-ouest. Il devient une façon solide et peu couteuse de se vêtir qu’on soit cow-boy, paysan ou citadin.

Dans les années 1930, l’emblème du cow-boy est définitivement attachée au Jeans comme un outil de marketing. Lévi-Strauss l’utilise dans ses publicités et crée une tendance country-chic. Mais le Jeans a encore bien du chemin à faire pour arriver jusqu’à nous.

Le jeans et le cow-boy… incarné par Gary Cooper.

Après de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis inondent le marché Européen avec les surplus restant de la guerre enfin terminée, et entre autres choses, avec des Jeans. Il faudra un peu de temps à notre vieux continent pour adopter ce nouveau vêtement ; mais Hollywood impose déjà sa norme et très vite le Jeans trouve sa place dans les armoires des hommes qui se donnent un air de Marlon Brando ou de Gary Cooper.

Quand le Jeans devient un élément d’appartenance

Pendant son premier siècle de vie, le Jeans progresse grâce à ses qualités intrinsèques :

  • solidité,
  • souplesse,
  • prix.

Certes, un nouveau style cow-boy-chic a vu le jour dans les années 1930, mais globalement, le Jeans était plutôt un vêtement utile qu’un vêtement à la mode.

C’est lorsque Hollywood s’empare du Jeans dans les années 1950 que les choses changent. Le Jeans devient alors l’emblème des jeunes générations qui vont se l’approprier au fil de quelques décennies :

  • Les années 50’ feront du Jeans l’attribut des motards. Jeans rime alors avec Harley Davidson, blouson en cuir et road movie.

Marlon Brando et les biker. Le jeans de rebel !

  • Les années 60’ feront fleurir le Jeans dans la vague Hippie. C’est l’apparition des pattes d’éléphant et des broderies à gogo.
  • La crise pétrolière des années 70’ verra revenir un Jeans peu cher et utilitaire.
  • Les années 90’ donnent un nouvel essor du Jeans, avec l’arrivée du Lycra. C’est le début du moulant, mais aussi de la surconsommation. Avec l’arrivée sur le marché de jeans « stone-washed », « déchirés », colorés, taille haute ou extra  basse, le Jeans devient un véritable caméléon.
  • Les années 2000 ramènent au devant de la scène le Jeans ultra moulant des Punk des années 80’ qui deviennent enfin confortables grâce au Lycra. Le Jeans basique des garde-robes féminines change alors de forme : c’est la vague du Skiny ou du Slim. Le moulant est poussé à son extrême.
  • Les années 2010 propagent cette mode du pantalon moulant et du Slim jusque dans la garde-robe masculine.

Le Jeans de hippie, quelque part dans les années soixante.

Bref, le Jeans est passé d’un élément d’identification et d’appartenance, de rébellion et de génération à un vêtement qui suit la mode et en subit toutes les exigences.

 

Le Jeans féministe.

Le Jeans est tellement présent dans nos vies, depuis des décennies, qu’il est inévitablement présent dans les grands mouvements de notre société.

Lorsque Marilyn Monroe enfile son Jeans dans « Le démon s’éveille la nuit », ce n’est pas un simple placement de produit comme ce serait le cas aujourd’hui au cinéma. Non, à cette époque, c’est surtout le signe de l’émergence de la lutte pour l’émancipation féminine.

Marilyn dans le démon se réveille la nuit. Cela semble tellement naturel aujourd’hui de voir une femme en Jeans….

Marilyn s’approprie le Jeans, vêtement chargé en testostérone par excellence. Souvenez-vous, à cette époque, le Jeans est à l’image du cow-boy.

Et les femmes du monde entier ont voulu imiter Marilyn. Pas simplement pour lui ressembler, mais aussi pour s’approprier la puissance et la liberté du cow-boy. Le Jeans super macho des cow-boys est devenu un Jeans symbole, féministe, de toute un mouvement qui a profondément impacté nos société (et qui continue à le faire).

Le Jeans de l’ultra consommation

Dans les années 90’, le Jeans oublie sa fonction d’utilité ou d’appartenance et de revendication. Il devient un élément de mode et de consommation dans le sillage de son époque.

La mondialisation accélère.

Les vagues de modes deviennent de plus en plus rapides et puissantes

On achète par envie et non plus par besoin.

D’une année à l’autre la mode change, taille haute, basse, super skinny, boyfriend, 7/8, super long…

Et le Jeans ne fait pas exception à cette tendance. Il devient un pur produit de la mondialisation parcourant plusieurs fois le tour de la terre pendant sa fabrication. Il sera vendu quelques dizaines de dollars pour être porté une dizaine de fois avant d’être remplacé sans vraie raison.

L’histoire du Jeans d’aujourd’hui, le Jeans Vert ?

Le Jeans a joué un rôle libérateur dans l’émancipation de la femme, il est pris dans la vague de mondiale de la surconsommation. Quel sera son rôle dans la période de conscientisation écologique qui grandit en ce moment ?

Aujourd’hui, pas simple de regarder où nous en sommes. Mais dans le brouhaha de la mode éclair, des changements permanents et de la consommation effrénée, une nouvelle vague est en train de se former.

Une lame de fond : l’écologie.

Les Jeans Durable de Nudie Jeans

Il y a la #fashionrevolution, le développement du zéro-déchet, la réflexion sur le véganisme, les réflexions sur le transport et sur la surconsommation d’énergie.

C’est un mouvement, c’est imparfait, c’est le début d’une conscientisation.

Et le Jeans ne fait pas exception. Il existe de plus en plus de marques qui proposent des Jeans en coton bio (comprendre l’impact réèl du coton bio) ou en polyester recyclé. D’autres marques qui s’engagent dans la juste rémunération de leurs ouvriers et ou à réduire les kilomètres parcourus pour la fabrication des Jeans. Les fibres des Jeans restent écrues et indigo, mais leur cœur devient chaque jour un peu plus vert.

Et dans cette nouvelle révolution, nous pouvons nous aussi devenir Marilyn.

Enfilons notre « Jeans Vert », pour inspirer nos voisins à rejoindre la révolution écologique !

 

Cet article fait partie d’une saga complète sur le Jeans et le Denim.

 

La prochaine (grosse étape) de cette Saga, est de creuser plus en profondeur le cas du « Jeans vert » et voir quel est l’impact écologique réel d’un Jeans !

Et j’ai moi même été surprise par les conclusions de ces études! 

 

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Jean, Jeans et Denim : comprendre pour mieux choisir son tissu

Ecrit par Coton, Monde textile 16 commentaires

Attention : sujet COMPLIQUE !

Parce qu’entre les utilisations et les définitions multiples de ces mots, il est difficile de s’y retrouver. Mais je ne m’avoue pas vite vaincue. C’est mon passé d’ingénieure qui me pousse à parler de choses claires et bien définies.

 

Avec le Jean, le Jeans et le Denim, il y a très vite confusion. Alors remettons les choses bien à plat !

 

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Vous vous souvenez peut-être de votre vieux prof de physique qui répétait sans cesse: « On n’ajoute pas de pommes avec des poires ».

Et en couture c’est presque pareil : On ne coud pas du Jean comme du Denim (pas de panique je vous explique tout ça en détail dans l’article).

 

Si vous n’utilisez pas les bonnes appellations, les bons mots, vous finissez avec un tissu :

  • qui ne répond pas à vos attentes,
  • qui n’est pas adapté à votre projet couture,
  • et qui risque fort de végéter dans votre stock de tissu ou sur votre pile d’OVNI couture (suis-je la seule à avoir ce type de pile de la honte ?).

Comprendre les tissus pour une couture plus durable

 

Si vous me connaissez, vous savez maintenant que la couture durable, c’est mon cheval de bataille. Certes, une réflexion sur la couture durable, ça passe par la sélection de tissus durables (et pourquoi pas sur la boutique en ligne). Mais cela passe aussi par une compréhension plus poussée de ses tissus :

  • De quoi sont ils fait ?
  • Comment sont ils fait ?
  • Quelles sont leurs propriétés et leurs caractéristiques ?
  • Comment est ce qu’ils s’appellent précisément ?

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Parce que beaucoup d’échec couture (des miens comme des vôtres) sont dus à un mauvais choix de tissu : pas adapté au patron, pas adapté à votre peau, pas le bon tombé, ne vieilli pas bien, etc.

Et un tissu mal choisi a souvent comme conséquence un vêtement peu porté et comme corolaire une cousette peu durable…

Snifff

Alors pour vous évitez cette frustration et ce temps perdu dans une cousette ratée, je vous encourage à mieux comprendre vos tissus. Aujourd’hui, c’est le Jeans qui est à l’honneur !

 

Mais au fait, on dit Jean, Jeans ou Denim ?

 

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Est ce un jean? Non un Jeans ? Non du Denim ?

Le jeans, le Jean ou le denim définition ?

 

Pour choisir au mieux vos tissus « en Jeans » je vous propose de commencer par le commencement.

 

C’est quoi du Jeans ?

Mais c’est différent du Jean ?

Et le Denim dans tout ça ? Est ce qu’il vient de Nîmes ?

 

C’est quoi le « Jean » : Définition

 

Le Jean est une étoffe fabriquée depuis le 16ieme siècle. C’est un tissu solide et résistant composé de fils de coton et de fil de Laine ou de Lin. A l’époque le coton était une denrée assez rare. (Pour mieux comprendre vos tissus et l’impact de leurs matières premières, télécharger les fiches MEMO gratuites)

 

lin oeko tex vendu au mètre mars-elle couture

La fibre de lin, très longue et super solide

L’armure très particulière d’un tissu sergé se reconnaît immédiatement grâce au motif oblique formé par l’entrelacement particulier des fils de chaine et de trame. Grâce à ce motif oblique, les sergés se sont imposés comme tissus d’extérieur et de travail dans les pays ou il pleut beaucoup comme par exemple l’Angleterre. En effet, l’eau ruisselle sur les rainures du tissu et a moins tendance à être absorbée par l’étoffe.

 

Les fils utilisés pour le Jean sont teints avant d’être tissés. A l’époque, le Jean est principalement marron ou écru. Pas super glamour… Mais rappelez-vous: ces tissus étaient utilisés pour l’extérieur en temps de pluie et donc de boue.

 

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Couture rabattue sur jambe de Jeans en Denim.

Le Jean était produit dans nombreux pays d’Europe, mais on pense que son nom vient de la production à Gênes. En effet, les anglais ont beaucoup importé ce sergé spécifique de Gênes qui les produisaient pour faire des voiles de bâteau. Et si vous répétez trois fois très vite « Gênes » avec une patate chaude dans la bouche, vous comprendrez pourquoi « Gênes » se dit « Jean » de l’autre coté de la manche.

 

En résumé, le Jean c’est :

  • un sergé de coton et de laine ou de lin,
  • des fils teints d’une seule couleur,
  • un tissu produit en Europe dès les 16ième siècle,
  • un nom dérivé du mot « Gênes » d’ou cette étoffe a beaucoup été exportée vers l’Angleterre.

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C’est quoi le Denim : définition.

 

Le Denim apparaît un peu plus tard. C’est le même type de tissu que le Jean, mais avec les différences principales suivantes :

  • Le fil de trame et de chaine ne sont pas de la même couleur. Le fil de trame est écu et le fil de chaine indigo dans la majorité des Denim actuels.
  • La teinture n’est pas faites au cœur de la fibre. Ce qui est la raison du délavage progressif des Denim au fur et à mesure de lavage. C’est NORMAL.
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C’est pour ça que les fils sont écru quand on fait un trou dans un Jeans : CQFD

Le Denim est très vite tissé uniquement avec de fil de coton. C’est pour ça que cette toile est plus douce et souple que le Jean, mais aussi plus chère et moins solide (pour mieux comprendre les impacts des matières premières, je vous invite à télécharger mes fiches mémo pour comprendre tous les secrets de vos tissus).

 

Concernant le nom « Denim », il est très probable qu’il fasse référence à la filature de Nîmes qui produit du Sergé depuis le 16 ième siècle. Mais pas de trace à proprement parler de Denim (tel qu’il est entendu aujourd’hui) dans cette filature qui produisait un sergé de laine et de soie. A l’époque il n’y avait pas de concept de Fake News. Et l’expression Denim à fait son chemin pour aller de Nîmes vers cette définition qui lui est propre, n’est déplaise aux Nîmois.

 

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Chemise de base, pantalon de base, vive le Jeans, le Denim et la couture durable.

En résumé, le Denim c’est :

  • un sergé de coton,
  • des fils de chaine et de trame teint de couleur différente,
  • un tissu produit en Europe dès les 16 ième siècle,
  • un nom dérivé du mot « Nîmes » bien que cette ville produisait un Sergé de laine.
  • Une étoffe plus souple et douce que le Jean, mais aussi moins solide et plus chère.

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Le Jeans, c’est quoi : définition

 

Avec le Jeans, nous entrons directement dans la grande histoire de la mode qui traverse les époques. Le Jeans est en fait un pantalon. En anglais « a pair of Jeans ».

 

C’est d’abord un sur-pantalon en Jean (l’étoffe) utilisé au far ouest par les cow-boys. Mais petit à petit le Jeans devient un pantalon en Denim, tissu plus doux à porter directement sur la peau. Aujourd’hui ce vêtement est de toutes les garde-robes sur tous les continents, dans tous les milieux sociaux et culturels. Le Jeans s’est imposé comme la base.

 

En résumé, aujourd’hui, le Jeans c’est :

  • un pantalon
  • en Denim (étoffe)

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Jean, Jeans Denim : la confusion ?

 

En réalité aujourd’hui, les mots « Jean » et « Jeans » sont couramment utilisés pour parler d’un tissu « Denim ».

Et je vous avoue que ça contrarie beaucoup mon coté psychorigide de l’utilisation du bon mot pour désigner la bonne chose et en particulier pour désigner le bon tissu.

 

Mais est ce que la bonne définition se trouve vraiment dans les musées ?

 

Est ce que l’utilisation que nous faisons TOUS de certains mots n’a pas plus d’importance que les petites lignes d’un grand dictionnaire ?

 

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Couture de Jeans = Couture super rentabilisée (portée 187 fois par an, minimum)

De nos jours, nous (vous et moi) utilisons « Jeans » pour parler de Denim… Ce n’est pas « correct », mais on se comprend. Et puis maintenant VOUS savez la différence !

Jeans, Jean, Denim : utilisez le terme qui vous parle, mais gardez en tête que quoi qu’il arrive il faudra compter avec eux dans nos garde-robes!

 

Sur ces questions de syntaxe et de remise en question de l’utilité de l’académie française (rien que ça), je reviens très vite sur le blog pour vous parler plus en détail de l’histoire incroyable du Jeans.

Vous verrez c’est une histoire passionnante qui passe de la boue aux plateaux de cinéma, de la rue aux podiums de mode. Le Jeans, c’est l’histoire du XX ième siècle en un seul vêtement !

 

Jeans et Denim, font ils partie de vos coutures ou vêtements de base?

 

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Je vous parle bientôt de cette tenue, ou plutôt de mon uniforme cousu main 😉

 

Cet article fait partie d’une saga complète sur le Jeans et le Denim. Pour continuer, suivez moi dans la grande et passionnante histoire du Jeans (Spoiler Alert : on y va avec Marilyn Monroe, elle-même <3)

 

Source le Musée de la Mode  Paris – Histoire du Jeans

 

 

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Les 5 astuces pour coudre le jersey bio 100% coton sans encombre

Ecrit par Coton, Tutoriel 4 commentaires

Le jersey, qu’est-ce-que c’est ?

 

Au fil de mes échanges avec vous, je me suis rendue compte qu’il existe une vraie confusion dans l’usage du terme « jersey ». Ce terme est régulièrement utilisé à mauvais escient.

 

Le jersey fait partie de la catégorie des tissus à « maille ». Ces tissus sont tricotés à partir d’un ou plusieurs fils. Le jersey, en particulier, est tricoté avec un seul fil. Ce fil peut être en coton, en polyester, en viscose ou être un mélange de plusieurs matières afin d’apporter des qualités particulières de résistance ou d’élasticité. Le grammage du jersey peut varier entre 60 g/m2 et 180 g/m2 en fonction de la densité de noeuds et du poids du fil. L’élasticité du tissu est elle fonction de la tension et de la torsion du fil pendant le tricotage

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Le tissu maille jersey est typiquement utilisé pour les T-shirts classiques du prêt-à-porter. Cependant, le jersey bio de Mars-ELLE est un tissu maille de qualité adaptée pour coudre des robes et des jupes d’été (et pas que des T-shirts 😉 ).

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Un jolie robe Madeline de « La maison Victor »

Dans le cas de double fil tricoté, ou de double fil, on ne parle plus de jersey, mais d’interlock. Et, lorsque le fil est plus épais, on parle alors couramment de tissus « maille ».

 

Le jersey bio de Mars-ELLE est un jersey de poids moyen. Pour plus de tenue, il vous faudra utiliser des tissus maille de grammage plus important ou bien de l’interlock.

Jersey bio 100% coton : changement d’habitude de couturière

 

Suite à vos retours constructifs, je me suis vite rendue compte que peu de couturières ont une expérience des jerseys 100% coton.

 

En effet, les tissus et vêtements du commerce sont en majorité des jerseys « trans-fibrés » contenant un certain pourcentage d’élasthanne. L’ajout de l’élasthanne apporte plus d’élasticité et de résistance. MAIS, l’ajout de l’élasthanne (produit à partir de pétrole…), même en très petite quantité, empêche tout processus de recyclage du tissu en fin de vie. C’est pour cette raison que Mars-ELLE ne commercialise que du jersey 100% coton sans aucune autre fibre ajoutée.

 

Dans le commerce du tissu au mètre, il n’y a que peu ou le plus souvent pas d’information sur la composition détaillée des tissus. Les couturières cousent, sans le savoir, du jersey composé d’un mélange de coton et d’élasthanne, voire de polyester.

 

Le jersey 100% coton est relativement rare et, comme décrit lors de la présentation des tissus de Mars-ELLE, il demande quelques précautions de couture :

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1- Aiguille fine pour le jersey:

 

Le fil de coton constituant le jersey se fait facilement casser par l’aiguille classique de votre machine à coudre. C’est pour cette raison qu’il est important d’utiliser des aiguilles spéciales pour le jersey. Ces aiguilles ont le bout arrondi et elles glissent à côté du fils, sans l’abîmer. Le top du top pour coudre un jersey 100% coton, c’est d’utiliser une aiguille fine à bout rond, mais pas trop gros. Voici un récapitulatif très complet pour le choix de vos aiguilles chez Schmetz. On peut également utiliser une aiguille standard fine dont le bout piquant est émoussé. C’est de la récup’  mais le résultat n’est pas garanti!

 

2- Fil en coton :

 

Le fil polyester, très répandu chez les couturières, est bien plus résistant que le fil coton qui constitue le tissu. Les noeuds de la couture qui sont serrés autour des fils de coton vont alors avoir tendance à cisailler la fibre de coton. Si cette fibre est déjà fragilisée par une aiguille mal-adaptée (voir point numéro 1), le tissu devient particulièrement fragile le long de la couture. Si c’est un endroit à frictions ou à forte tension (emmanchures d’un haut près du corps, coutures intérieures d’un leggins, etc.), l’unique fil de coton casse, le jersey se détricote et c’est le trou assuré ;-(

Il est donc hautement préférable d’utiliser du fil en coton pour le fil principal et pour le fil de la canette. La même logique s’applique aussi à votre surjeteuse pour les fils des aiguilles.

 

3- Détente du jersey :

 

Le jersey 100% coton, lorsqu’il est soumis à tension pendant un certain temps, quelques heures sur votre dos, va se détendre. Ce n’est pas un tissu moulant, il ne contient pas d’élasthanne. Le jersey 100% coton retrouvera sa forme à chaque lavage. Ce tissu est donc idéal pour des formes de vêtements qui ne nécessitent pas trop d’élasticité.

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4- Point stretch ou point droit ?

 

Le point stretch (deux points en avant, un en arrière) est partout recommandé pour la couture du jersey. En effet, ce point permet de faire des coutures élastiques qui suivent l’élasticité du tissu. Malheureusement, ce point abime bien plus le tissu que le point droit. En effet, l’aiguille pique 3 fois plus que pour un point droit, ce qui augmente le risque de fragiliser le jersey.

Pour limiter ce risque j’utilise un point droit tout simple pour toutes les coutures là où l’élasticité du tissu n’est pas sollicitée. Par exemple, sur un haut comme le Trop Top, mise à part la couture d’encolure, toutes les coutures sont réalisées avec un point droit normal. C’est rapide, ça consomme moins de fil et contrairement à ce qu’on peut penser c’est plus solide puisque le tissu est moins fragilisé.

 

5- Découd-vite ou plutôt découd-calmement :

 

Et oui, le jersey est un enchevêtrement de nœuds sur un seul fil. Un accident en maniant le découd-vite peut être gravissime. Alors, prenez votre mal en patience et décousez calmement pour ne pas abimer le tissu. Une fois votre couture démontée, il restera des petits trous visibles dans le tissu, là où les nœuds ont été écartés pour laisser passer l’aiguille. Si le fil du jersey n’a pas été abimé, ces trous disparaitront lors du passage en machine laver.

 

Zen couture

 

Vous l’avez compris, coudre du jersey 100% coton demande un peu d’adaptation de vos méthodes de couture.

En cousant une fibre 100% naturelle qui n’est pas trans-fibrée d’une fibre issue de la chimie du pétrole, vous prenez en considération les contraintes du recyclage de votre vêtement dès sa conception et dans sa réalisation. C’est une approche d’économie circulaire, celle qui fait défaut dans la conception actuelle des vêtements du prêt-à-porter.

 

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C’est la « ZEN couture attitude » !

 

 

En résumé, pour coudre le jersey 100% coton, gardez à l’esprit les points suivants pour que votre réalisation soit sans encombre :

  1. Aiguille ronde et fine
  2. Fils de couture en coton
  3. Point droit sur les zones du vêtement où l’élasticité est peu sollicitée
  4. Coupes pas trop proche du corps
  5. Découdre très tranquillement

 

Vous êtes prêtes? tous les jersey bio 100% coton unis et imprimé sont disponibles sur la boutique en ligne.

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Mars-ELLE et ses tissus fleuris jersey bio GOTS sortent du bois

Ecrit par Biologique, Coton, Inspiration Aucun commentaire

Aujourd’hui, c’est un jour que j’attends avec beaucoup d’impatience depuis près d’un an.

Je me sens à la fois fébrile et extrêmement chanceuse de pouvoir enfin vous présenter le fruit de mon travail.

Dans le monde textile, on peut trouver, d’une part des tissus biologiques généralement unis et intemporels, et d’autre part des tissus à motifs (ceux qui me font complètement craquer) dont nous ne savons le plus souvent rien du tout. D’où viennent-ils ? Quelles qualités ont-ils ? Parfois, même la composition, le mélange des fibres reste un pur mystère.

Si vous êtes amoureuse des motifs et que vous voulez prendre soin de la planète, vous voici dans une situation schizophrénique ! Encore un paradoxe. Encore du pour et du contre. Encore une obligation : choisir entre votre plaisir et vos valeurs, entre le Ying et le Yang.

Et c’est précisément sur ce constat qu’est née Mars-ELLE , une marque de tissu engagée navigant entre Ying et Yang. Les tissus que je vous présente aujourd’hui sont le fruit d’une série de choix qui ensemble forment l’identité de Mars-ELLE :

  • le choix de la matière première,
  • le choix du tissage,
  • le choix environnemental,
  • le choix géographique,
  • le choix du style,
  • le choix de la qualité, jusque dans les détails.

Une fois n’est pas coutume : faire ces choix n’a jamais été aussi simple ! Voici le détail choix par choix, les paradoxes de la couturière, les besoins et les envies d’une amoureuse du tissu tels qu’ils ont façonné le chemin de Mars-ELLE.

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Mars-ELLE est née dans les échantillons de tissus, nombreux, petits, avec leurs étiquettes, fiches techniques et certificats. Je les ai regardés de loin, de près, caressés, retournés, pliés, chiffonnés, étirés pendant des semaines et mon regard est resté sur celui-là, le tout doux, le tout léger, avec ce petit reflet magnifique pour un prix raisonnable. Une fois les premiers motifs tests imprimés, je l’ai cousu, porté et finalement c’est celui-là que Mars-ELLE a choisi. C’est un produit de qualité. Je vous montre ?

Matière : le choix du coton

Choisir le coton dans le cadre d’une démarche engagée pour l’environnement n’est pas aussi évident qu’il y paraît. Cette fibre consomme énormément d’eau (voir l’article sur la culture du coton et l’article sur la consommation d’eau du coton bio) et son traitement requiert parfois une chimie importante. Le coton est responsable de bien des dégâts aux quatre coins du monde.

Le coton est produit à grande échelle partout sur notre globe. C’est une fibre largement utilisée pour l’habillement et son nom est bien connu de l’utilisateur final. Toutefois, le déficit d’information laisse un vaste espace de communication pour le lancement d’une nouvelle marque engagée. La fibre de banane peut aussi faire de très beaux textiles, mais pour une novice, ce n’est pas si simple de se lancer le monde de la banane. Alors qu’avec le coton, c’est bien plus simple.

Le coton est donc la fibre la plus évidente pour commencer une collection textile responsable, parce que le coton est une fibre végétale naturelle, elle doit donc le rester jusqu’au contact avec votre peau.

Pour allier le Ying et le Yang du coton, le pour et le contre, Mars-ELLE fait le choix du tissu coton biologique.

Tissage : le choix du jersey

Choisir le jersey, c’est la décision « disruptive ». Du jersey BIO, vous voyez ça souvent ?

Et c’est bien dommage, parce que le jersey est une étoffe particulièrement simple à travailler tant pour des vêtements confortables que pour des réalisations plus « chics » (Aaaah, si nous pouvions encore demander à Coco ce qu’elle en pense ! ).

Avec Mars-ELLE, vous ne devez plus choisir entre votre envie de protéger l’environnement et vos envies de couture jersey ! Cette première collection est un retour aux sources.

Mais le jersey BIO nécessite aussi d’avoir un tissu 100% coton : pas une trace d’élasthanne dans le tissu. La logique de Mars-ELLE ne peut souffrir aucun compromis sur ces valeurs environnementales : le jersey de Mars-ELLE est donc 100% coton, 100% BIO.

Le jersey 100% coton a une élasticité moindre que le jersey de fibres mélangées (coton plus élasthanne) ou que le lycra. Il est moins nerveux.

Pas de panique, il ne vas pas se déformer jusqu’à garder une forme incongrue ! Mais quelques précautions de couture s’imposent ; comme de faire une piqure de soutient de l’encolure lors de la pose de parementures ou de cols. Rien de sorcier.

Pour le reste, le jersey est le tissu des T-shirts, avec un choix de grammage suffisamment élevé pour ne pas être transparent et suffisamment bas pour garantir légèreté et fraicheur en été. C’est un exercice subtil d’équilibriste que de choisir la tenue, le poids, et la résistance du tissu pour assurer douceur et maintien ! C’est le Ying et le Yang du jersey.

 

Cerise sur le gâteau, une finition anti-bouloche est appliquée au tissu de Mars-ELLE. Fini les T-shirts portés trois fois et qui ressemblent à un sapin de Noël pour « Poly Pocket » avec des mini-bouloches sous les bras ! Le jersey bio de Mars-ELLE est pensé pour le confort mais aussi pour résister aux frottements de la vie.

Environnement : jersey bio GOTS et la transparence.

Les certifications, c’est une jungle incroyable. En particulier pour le textile, vous pouvez aisément vous perdre entre les appellations et parfois les certifications durables, écologiques, biologiques, éthiques, etc.

Mars-ELLE ne fait aucun compromis sur ce terrain-là et a sélectionné la certification la plus élevée en termes de respect de l’environnement (de la culture à la production). En plus, cette certification garantit aussi le respect des personnes et de leurs conditions de travail.

GOTS est le choix le plus exigeant. La certification GOTS vous garantit des tissus biologiques et éthiques. Bien sûr, ça a un coût. C’est le Ying du Yang des questions environnementales et éthiques.

Mars-ELLE est aussi en chemin pour obtenir la certification GOTS en son nom propre. D’ici là, je mets à votre disposition les certificats GOTS du fournisseur, teinturier et imprimeur du tissu (sur demande à info@mars-elle.com).

Géographie : le choix de l’Europe

Notre continent a longtemps été un pôle d’excellence en matière de production textile, jusqu’au jour où la mondialisation a frappé le monde occidental. Mais ici et là, disséminés en Europe, il reste des producteurs de textile.

Mars-ELLE a décidé de travailler avec ces producteurs européens. Pas parce qu’ils sont passionnés ou nécessairement meilleurs ; mais parce qu’ils font perdurer un savoir-faire proche de nous.

Le coton cultivé loin d’ici, là où l’eau et le soleil sont plus généreux, a convergé vers la Grèce où il a été tricoté, teint et imprimé pour vous.

Et comme pour les choix environnementaux et éthiques, le choix géographique implique un coût plus élevé. Chaque choix est difficile ; il faut en être conscient et assumer les conséquences de chacun d’entre eux. Le Ying et le Yang, vous dis-je !

Mars-ELLE tissu biologique coton jersey organic fabric

Style : le choix des jersey imprimé (et de l’uni)

Je ne veux plus devoir choisir entre mes convictions écologiques, mon besoin d’avoir des vêtements unis dans ma garde-robe et mon plaisir incroyable de coudre des tissus à motifs. Ce sont deux éléments complémentaires, mon Ying et mon Yang (encore eux) : les unis de la sobriété et les motifs du plaisir !

Les jerseys BIO, ne sont pas légion. Les jerseys BIO à motifs le sont encore moins. Et les rares jerseys BIO à motifs sont bien trop souvent «layette-bébé-design ». Il est temps de vous faire PLAISIR sans compromis avec de beaux tissus, de beaux motifs et une certification BIO à toute épreuve.

Une couture toute simple réalisée avec un bel imprimé vous donnera sans effort un look affirmé et lumineux.

Les motifs, c’est l’occasion d’exprimer pleinement votre personnalité ! Lorsque vous cousez vos vêtements, vous avez la possibilité d’exprimer votre individualité et de mettre en évidence votre créativité. Les motifs sont un moyen de plus, un incroyable atout pour vous distinguer. Discrètement ou en look complet, ce qui compte c’est de vous exprimer et d’y prendre du plaisir.

Mais pas que de l’extravagance, les unis sont aussi de la fête. Parce qu’ils sont les meilleurs amis des motifs. Et pour pousser cette logique jusqu’au bout, les unis de Mars-ELLE sont assortis aux couleurs choisies pour les motifs. C’est la porte ouverte à la grande création !

 

jersey coton biologique vendu au mètre tissu bio motif bleuet bleu marine Mars-ELLE

 

Pour une fois le choix a été de ne pas choisir. On prend avec nous les motifs ET les unis !

Qualité et engagement : jusque dans les détails

Mars-ELLE s’engage jusque dans les détails. Votre jersey est BIO de bout en bout mais pas question d’oublier les aspects non-textiles : les enveloppes qui emporteront votre coupon jusqu’à vous sont produites à partir de papier recyclé, de même que les cartes qui se trouvent dans votre paquet.

 

Après tous ces choix, l’aventure peut enfin commencer avec les jersey bio imprimé et uni de Mars-ELLE disponibles uniquement sur la boutique en ligne!

Et j’ai incroyablement hâte de voir ce que vous allez réaliser avec les tissus de Mars-ELLE ! Voir ce qu’ils vous inspirent ?

Les tissus sont en prévente jusqu’au 30 juin. Attention, les motifs ont été produits en toute petite quantité.

Je reviens très vite pour vous parler de l’inspiration à la base de la création de cette collection et aussi pour vous raconter les premiers pas de Mars-ELLE et tout le travail réalisé en amont (si vous voulez ne rien rater, pensez à vous inscrire à la Newsletter)

Irrigation coton biologique et conventionnel consommation en eau impact

Entre le coton biologique et le coton conventionnel, la guerre de l’eau est déclarée !

Ecrit par Biologique, Coton, Monde textile Aucun commentaire

Un des aspects fondamentaux de la culture du coton biologique et du coton conventionnel, c’est l’eau. La culture du coton est tenue responsable de l’assèchement de la mer d’Aral (oui, toute une mer, pfuittt, envolée). En Inde, elle est aussi pointée du doigt lorsqu’il est question de la problématique grandissante de l’appauvrissement des nappes phréatiques.

 

Le coton et l’eau vivent une histoire d’amour compliquée. Le coton a des besoins considérables qui tentent à assécher sa partenaire, la terre. Une relation à la vie à la mort qui peut vite devenir mortelle !

 

Est-ce que ce couple est aussi problématique si on remplace le coton conventionnel par son frère, le coton biologique ? (Ceci est une expérience purement métaphorique, à ne surtout pas tenter avec des amis pour vérifier le taux de toxicité de leur couple…)

 

En se baladant sur le net, vous trouverez des informations presque miraculeuses : la culture du coton biologique consomme 91% d’eau en moins que la culture du coton conventionnel. Autrement dit, la culture biologique permet de consommer 10 fois moins d’eau que la culture conventionnelle. Waaaaw, c’est presque magique. C’est tellement magnifique que j’ai voulu en savoir plus !

 

C’est mon côté Saint Thomas. Pour y croire, je dois le voir. Je me suis perdue des heures durant dans les méandres du net pour collecter, digérer et comprendre des informations techniques, rébarbatives et parfois même un peu contradictoires. Le but est de comprendre ce chiffre magique : 91% en moins !

 

Pour bien comprendre tout ce qu’implique la culture biologique du coton comparée à la culture conventionnelle, vous pouvez vous replonger dans l’article dédié à la culture du coton biologique comparée à la culture conventionnelle et dans l’article dédié aux besoins climatiques du coton.

Irrigation coton biologique et conventionnel consommation en eau impact

Système d’arrosage partiellement à l’abandon

Vous venez avec moi questionner la magie du 91% ? Comprendre ce qu’il y a sous un chiffre apparemment simple et magnifique ? C’est parti !

A la recherche du « 91% » perdu en faveur du coton bio

 

Ce chiffre magique de 91% se retrouve sur bien des pages web sans aucune référence expliquant d’où il vient, pourquoi, comment, sur base de quelles hypothèses…

 

Et il est difficile à traquer le bougre. Parce qu’il laisse peu de traces derrière lui. Pas de liens, pas de références vers les études. Ce 91% est partout mais est très peu documenté. Le net n’est pas toujours aussi transparent qu’il le fait croire.

 

J’ai finalement mis la main sur la source de cette information. Ou plutôt sur les conclusions du rapport, mais c’est déjà pas mal. Les chiffres ont été bien moulinés et sont super clairs. Trop clairs, trop simple ?

 

L’étude de « Textile Exchange » reprend les productions de coton sur l’année 2014 de l’Inde, de la Chine, des Etats-Unis, de la Turquie et de la Tanzanie qui à eux seuls totalisent plus de 95% de la production mondiale de coton. L’échantillon considéré pour cette étude est très largement représentatif de la culture du coton.

 

L’étude évalue deux types d’empreintes sur l’eau :

  • L’empreinte  « Bleue » : c’est l’eau d’arrosage et d’irrigation. C’est celle qui est pompée des rivières et des nappes phréatiques. Cette eau va être utilisée par la plante (pour se construire, pour respirer, etc.) ou bien elle va être restituée directement vers le sol. Etant donné que le chemin de l’eau est modifié, toute l’eau prélevée par le système d’irrigation et d’arrosage sera comptabilisée même si la plante n’en utilise qu’une partie.
  • L’empreinte « Verte » : c’est l’eau de pluie ou l’humidité naturelle du sol. Dans ce cas, seule l’eau consommée par la plante est prise en compte. L’eau de pluie non utilisée par la plante ne subit pas d’impact dû à la culture du coton. Elle poursuit son chemin naturel vers le sol.

 

Irrigation coton biologique et conventionnel consommation en eau impact

Canal d’irrigation

Le rapport ne fait pas mention des hypothèses prises sur les données climatiques. Ben oui, on parle de centaines de milliers de fermes, c’est dur d’être précis sur les niveaux de pluie, le taux de pénétration dans le sol. Même imprécision pour la consommation d’eau d’irrigation (mon côté Saint Thomas vous disais-je…). D’où viennent ces données d’entrée ? Dans quelle moulinette à chiffres sont-elles passées ? Aucune idée !

 

Bref, « Textile Exchange » secoue le chapeau et Tadam, en sort le joli chiffre de 91%. C’est bon, ne cherchez plus ! On l’a trouvé le calcul de ce joli 91% qui se balade partout sur la toile. Dix fois moins d’eau pour la culture du coton biologique que pour le coton conventionnel.

 

Le WWF en action pour le coton

Mais je ne me suis pas arrêtée là, et j’ai mis la main sur un joli rapport réalisé par le WWF pour le compte de C&A (oui oui, la grosse marque de prêt-à-porter) qui devait aussi se demander d’où venait ce beau 91%.

 

L’étude, très sérieuse et très complète met en œuvre un procédé d’évaluation de la consommation d’eau totale pour la culture du coton conventionnel et du coton biologique pour plusieurs centaines de fermes dans différentes régions d’Inde (plus de 200 fermes biologiques). L’étude a porté sur les cultures de 2012 et 2013. Les données ont été collectées le plus précisément possible, cependant certaines variables ont dû être estimées (le temps de pénétration de l’eau dans le sol, etc.). Les résultats de ce type d’étude doivent toujours être interprétés avec précaution.

 

Par ailleurs, les zones concernées dans l’étude sont globalement pas ou peu irriguées. Ce qui est plutôt peu courant pour la culture du coton conventionnel qui en général use et abuse de systèmes d’irrigation.

 

Irrigation coton biologique et conventionnel consommation en eau impact

Système d’arrosage qui pompe directement dans la nappe phréatique.

Premières observations de l’étude du WWF sur la consommation d’eau du coton bio et conventionnel.

 

Après analyse des chiffres et des graphiques, les premières conclusions ressortent :

  • Dès qu’il y a irrigation, l’empreinte « Bleue » globale augmente drastiquement étant donné qu’il faut prélever 2 litres sur une rivière pour espérer asperger 1 litre sur la plante, le reste sera perdu en fuites et évaporation. Sur le litre utilisé pour l’arrosage, la plante n’en prélèvera qu’une fraction. Mais dans le calcul, c’est bien les 2 litres prélevés dans la rivière ou les nappes phréatiques qui sont pris en considération. En terme d’efficacité d’utilisation de l’eau prélevée, c’est très mauvais.
  • Les sols biologiques sont plus riches en matières organiques, ils retiennent donc plus l’eau que les sols érodés de la culture conventionnelle. La richesse organique des sols de culture biologique est due notamment à la rotation des cultures, la mise en jachère, l’acceptation des « mauvaises-herbes », etc. De ce fait, l’empreinte « Verte » des cultures biologiques est plus élevée, pas parce qu’il pleut plus, mais parce que le sol retient plus longtemps l’eau de pluie grâce à sa matière organique. Cette eau de pluie peut donc plus profiter à la plante. De ce fait, le coton a moins besoin d’être arrosé et l’empreinte « Bleue » est plus faible.
  • Pour les zones géographiques qui ne nécessitent pas d’irrigation, le total des empreintes « Bleue » et « Verte » pour le coton conventionnel est légèrement supérieur à celui du coton biologique (c’est bien la tendance qu’on attendait, mais on est loin des 91%). Et oui, un plan de coton qu’il soit engraissé aux produits chimiques ou pas a besoin de plus ou moins la même quantité d’eau.

 

Mais le rapport ne s’arrête pas là et considère l’empreinte « Grise » sur l’eau. Cette empreinte considère la quantité d’eau nécessaire pour diluer les polluants relâchés dans l’environnement à un niveau acceptable selon les standards internationaux.

 

Cette quantité d’eau calculée pour quantifier l’empreinte « Grise » n’est pas effectivement prélevée à l’environnement pour diluer les polluants. Mais elle est néanmoins prise en compte pour considérer deux situations finales qui sont comparables (aka : un environnement sain).

 

Selon cette étude, en Inde, l’empreinte sur l’eau (et non pas la consommation, on est bien d’accord !) est globalement 25 fois plus élevée pour la culture du coton conventionnel que celle du coton biologique. Gloups… Cette façon de calculer l’empreinte sur l’eau prend en compte la pollution de l’eau sur un échantillon de fermes cotonnières avec peu, ou sans irrigation.

 

Comparaison de la consommation en eau du coton biologique et conventionnel irrigation empreinte grise polluant assèchement des nappes phréatiques

 

Dans le cas d’une comparaison qui prendrait en considération l’empreinte grise et l’irrigation des cultures conventionnelles, on peut s’attendre à des extrêmes encore plus prononcés. Dans ce cas, la culture biologique du coton permettrait un impact sur l’eau peut-être 30 ou 40 fois moins important que la culture conventionnelle. Attention, ceci est une extrapolation qui n’est pas confirmée par une étude en bonne et due forme.

 

Conclusions de Mars-ELLE sur les consommation d’eau du coton bio

 

La première conclusion, c’est que ça n’est pas si simple de comparer des pommes et des poires (culture conventionnelle et biologique, irrigation ou pas d’irrigation, variations du climat). Les deux rapports analysés ci-dessus prennent des échantillons de base différents et appliquent des méthodes de comparaison différentes. Et encore, là je vous ai fait la version « courte » (oui oui, aussi courte que possible) parce que des méthodes d’évaluation, des rapports et des statistiques, il en existe bien d’autres.

 

Fondamentalement, qu’est-ce qu’il faut retenir de tout ça ?

 

Sans irrigation, le coton biologique ne consomme pas beaucoup moins d’eau pour sa croissance que son copain conventionnel. Cependant, la majorité de la culture conventionnelle de masse est faite dans des zones avec un très fort besoin en irrigation. Ce qui impacte terriblement l’empreinte globale de la culture conventionnelle. Et tout ça sans compter l’eau qui serait nécessaire pour diluer à un niveau acceptable les polluants répandus un peu partout dans les sols et les eaux par cette même culture conventionnelle.

 

Et comprenez bien qu’ici, nous ne parlons que de la culture du coton. On n’a même pas comparé la consommation en eau pour la production textile et la teinture pour une filière classique, ou une filière GOTS !

 

Bref, dites 91% en moins, 10 fois mois, 25 fois moins, si ça vous arrange (et que vous ne souhaitez pas vous lancer dans 4 pages de digressions comparatives), mais surtout citez vos sources !

 

 

Les sources utilisées pour cet article :

Les conclusions du rapport de Textile Excahnge

Le rapport du WWF pour C&A

coton bio couture écologie durable

Pourquoi du tissu en coton biologique pour Mars-ELLE?

Ecrit par Biologique, Coton, Monde textile 5 commentaires

Tissu en coton bio : Etat des lieux

 

Quand je parle de mon projet de tissu bio autour de moi, les gens me demandent souvent, « Mais ça veut dire quoi exactement coton biologique ? » ou bien « qu’est ce que tu veux dire par « coton biologique », tu ne vas pas le manger quand même?»….. Je réalise suite à ces discussions, combien nous sommes souvent déconnectés des réalités du monde textile.

Le textile et en particulier la mode, représentent un marché d’environ, à la grosse louche 3,000,000,000,000 dollars par an. Autrement dit 3 millions de millions de dollars par an (ça fait un sacré paquet de tissu n’est ce pas ?). C’est un secteur qui vend une image glamour et qui reste sous les radars de la transition écologique actuelle qui touche pourtant largement l’alimentation et l’énergie. Alors soulevons ensemble un bout de l’épais tapis qui recouvre tout ça pour tenter de comprendre le « coton biologique ».

Tout d’abord, pourquoi ce besoin de coton biologique ? Simplement parce que environ 2,5% des terres cultivables mondiales sont consacrées à la culture du coton, alors que cette même culture du coton consomme environ 15 à 20% des pesticides mondiaux. Gloups.

 

Coton bio récolte

Autrement dit, les pesticides sur les champs de tomates (culture conventionnelle qui probablement ne se fait même plus dans un « vrai champ ») c’est déjà pas jojo, mais pour le coton, à surface équivalente, on asperge environ 10 fois plus de produits chimiques. On ajoute à ça, les engrais, la consommation incroyable en eau, l’appauvrissement des sols, les traitements chimiques de la fibre et du tissu et j’en passe et des meilleures. S’impose alors naturellement la nécessité impérative de repenser et de revoir le modèle de production du coton.

Coton biologique versus coton conventionnel : le duel

 

Je ne suis pas ici pour démoraliser l’assemblée. Non ! Je suis ici, parce qu’il existe des solutions. Des solutions connues, maitrisées et applicables qui permettent de répondre point par point aux problématiques de pollution de la culture du coton et de la fabrication textile. YESSSSSS ( je vous avait dit que j’avais des bonnes nouvelles).

Voici un petit tableau comparatif des grandes étapes de culture et de manufacture pour vous permettre de comprendre l’impact du coton biologique comparé à son opposant, le coton conventionnel. Petit duel en règle, niak niak:

Biologique
Conventionnel
Préparation des graines
Non traitée, sans OGM
Traitées avec des fongicides et insecticides, possibles OGM
Préparation du sol
Rotation des cultures, engrais naturels
Engrais synthétique, mono culture intensive appauvrissement des sols
Contrôle des « mauvaises herbes »
Arrachages mécaniques ou manuels et tolérance sur les mauvaises herbes bénéfique pour les insectes et animaux
Insecticides et pesticides utilisés en masse, sol mis à nu.
Production (filage)
Stabilisation de la fibre avec utilisation d’agents non-toxiques
Stabilisation de la fibre avec utilisation d’agents toxiques
Blanchiment
Blanchiment au peroxyde non-toxique
Blanchiment à la chlorine, création de sous-produits toxiques
Traitement du tissu
Traitement à l’eau chaude avec contrôle du PH par des produits non-toxiques
Traitement à l’eau chaude et produits chimiques additionnels
Teinture
Basse concentration de métaux lourds et de sulfures
Haute concentration en métaux lourds et sulfures
Impression
Pigments en base aqueuse ou pigments sans métaux lourds
Pigments issus du pétrole avec haute concentration en métaux lourds
Prix d’achat
Elevé
Bas
Prix sur le long terme
Le prix juste pour protéger notre environnement. Les coûts des mesures pour protéger l’environnement et la société sont inclus à chaque échelon dans le processus de production.
Enorme. Les coûts liés aux impacts sur l’environnement (dépollutions, coûts sociaux, etc.) ne sont pas pris en compte dans le prix de vente et devront être assumés plus tard par on ne sait pas bien qui…

Coton biologique de la graine au tissu mars-elle tissu vente au mètre coton bio

 

Bref, on compte les points, et on comprend vite que les jeux sont biaisés, que les dés sont pipés, que l’arbitre est un gros vendu. Que seul le prix d’achat compte. Qu’à l’échelle mondiale les autres points sont du pipeau sinon, je ne serai pas en train d’expliquer à tout mon entourage « pourquoi du coton bio »…. Pourquoi, le coton biologique devrait être la norme!

Quel futur pour le Coton Biologique?

 

Noooon, je vous avais dit que je n’étais pas ici pour démoraliser l’assemblée, alors… place aux bonnes nouvelles !

En 2016, il y a eu une production d’environ 110 000 tonnes de coton biologique, ce qui représente une part d’environ 0,5% de la production mondiale du coton. Hé ! On avait dit des bonnes nouvelles Mars-ELLE. La bonne nouvelle, c’est que les chiffres de 2017 doivent encore être compilés et digérés par la grande machine à statistique, mais une augmentation signification de la production est attendue. On attend une augmentation d’environ 3-4% comparée à la production de 2016.

En parallèle, le coton durable se taille lui la part du lion. Son patronyme n’est pas particulièrement bien choisi et, en bon mot valise qu’il est, il englobe tout et un peu n’importe quoi (je vous parlerai de cela dans un prochain article). Oui, sa définition n’est pas claire comme du cristal, mais il connaît une augmentation significative sur les dernières années. Il représente actuellement environ 15% de la production mondiale annuelle du coton. Ce qui veut dire que les mentalités évoluent, enfin !

 

fleur de coton bio pesticides

J’ai encore tellement de choses à partager avec vous sur le textile, la jungle des certifications, ce fameux « coton durable », l’hypocrisie des grandes marques, les avancées significatives en agronomie, les questions d’impact social, le modèle économique. Et encore une foule d’autres sujets pour soulever ensemble, un petit peu plus chaque fois, le tapis qui nous cache la réalité du monde du textile.

Découvrez la dernière collection de tissu en coton Biologique imprimé de Mars-ELLE (fournisseurs certifiés GOTS).

 

Références:

Pour en savoir plus, rendez-vous sur :

 

Culture du coton fleur de coton

Connaissez-vous vraiment le coton bio? Le B.A.-BA de la culture du coton

Ecrit par Coton, Monde textile 4 commentaires

Le coton de tous les jours

 

Le coton nous le connaissons et le côtoyons de très près depuis toujours. Il constitue une part significative de notre garde-robe et nous habille jusque dans notre intimité depuis notre plus tendre enfance. En tant que couturière, je pensais être particulièrement sensible et informée sur cette matière. Le coton m’apparaissait comme une évidence. Le tombé, le grammage, la douceur, bref, j’étais une « experte ». Quelle n’a pas été ma surprise de réaliser que je ne connaissais rien de la plante dont sont extraits ces filaments de douceur. C’est parti pour une petite mise en bouche sur la culture du coton.

Je vis depuis quelques années dans un pays producteur de coton. Peu après mon installation, lors d’une excursion, un ami m’a dit «  tu as vu les champs de coton sont en fleur ! ». Je lui ai stupidement répondu « Ça ? Mais c’est un champ de patates, non ? »… La honte de la couturière !

J’ai finalement bien vite oublié ma honte et de découverte en excitation je me suis passionnée pour l’observation de ces champs qui s’égrènent le long des routes.

Culture du coton ramassage du coton

Au moment de la récolte, j’ai trouvé le moyen de me joindre au ramassage du coton. Une occasion de m’infiltrer « à l’intérieur » afin de découvrir cette plante merveilleuse. Je vous embarque dans cette folle aventure de « moissonneuse cotonnière » ?

Le cotonnier, c’est quoi ?

 

Pour commencer un point vocabulaire ! La plante dont est issue le coton s’appelle le cotonnier (de son nom savant Gossypium de la famille de Malvacées). Pour ma part, je continuerai à utiliser le terme galvaudé de : champ de coton, je ne suis pas à un abus de langage près!

Le cotonnier est un arbuste dont la taille varie entre 50 cm (dans les champs) et 10 m (pour les heureux cotonniers du monde sauvage). Dans les champs où le ramassage du coton est mécanisé (avec une sorte de grosse moissonneuse), les espèces plantées sont sélectionnées en accord avec la garde de la moissonneuse (la hauteur de son essieu), contrainte technique oblige.

Le coton est une plante vivace qui peut vivre une dizaine d’année… sauf dans les champs où le cotonnier est exploité de manière annuelle. Pourquoi ? Je n’ai pas obtenu la réponse. Mais, je suppose que c’est peut-être pour faciliter le travail des champs et des récoltes ? Ou bien pour s’adapter aux dictats de l’agriculture moderne qui veut que les champs soient retournés et mis à nu périodiquement ? En résumé, le cotonnier des champs est plus petit et vit moins longtemps que dans le monde sauvage pour s’adapter à la mécanisation de la récolte.

Culture du coton fleur de coton

Culture de coton fleur de coton

Le cotonnier est très exigeant concernant ses besoins climatiques. Il nécessite environ 120 jours de pluies abondantes pendant sa période de pousse (hé, ça pourrait le faire en Belgique dont je suis originaire ! ) Par ailleurs, il a besoin d’une période de soleil, de chaleur et de sécheresse pendant la période de maturation des graines. Il ne supporte absolument pas le gel (bon finalement, pour la Belgique, c’est mort ! ).

En réalité, les zones qui sont naturellement adaptées à la culture du coton sont les zones tropicales et subtropicales (de l’eau et de la chaleur, le tout en grande quantité).

Les zones n’ayant pas une pluviométrie de 700mm par an devront compenser le différentiel en irrigation. Pour vous donner une référence, 700mm, c’est pile-poil la moyenne annuelle Belge (mais si, vous voyez, le pays où il pleut tout le temps !). D’autre part, sans période sèche et chaude au moment de la maturation, les capsules et les fibres qu’elles contiennent pourriront avant d’arriver à maturité.

Bref le coton est exigent et sensible au climat.

La culture du coton: Au fil des saisons

 

Le coton fleurit en été, il a de superbes fleurs blanches-jaunes qui deviennent petit à petit rosées. La fleur est entourée de trois bractées (sorte de sous pétales) qui sont généralement très découpées. Elles protègeront la fleur des insectes nuisibles. Ces bractées sont considérées gênantes par les cultivateurs pour la récolte mécanisée parce qu’elle retiennent les fibres de coton.

La plante est si jolie et sa fleur si délicate qu’on se demande pourquoi elle n’a pas percé dans la décoration d’intérieur et la culture en pot. Mais là, je m’égare, il s’agit d’un autre sujet !

Culture du coton de la graine à la récolte floraison coton

A la fin de l’été, la plante est complètement séchée. Les fleurs se sont transformées en de grosses capsules oblongues vertes tachées de rouge. Les bractées (souvenez vous, ce sont les sous-pétales dentés) sont complètement séchées mais encadrent toujours le fruit. A pleine maturité, les capsules s’ouvrent en quartiers et libèrent les graines entourées des douces fibres blanches. Chaque capsule contient entre 20 et 40 graines.

Culture de coton fleur de coton

Les fibres de coton offrent une très bonne prise au vent ce qui facilite la dispersion des graines (dans le monde rêvé de la vie sauvage, pas dans les champs bien évidemment!).

La qualité du coton se mesure en centimètre et en résistance. Plus la fibre du coton est longue, meilleure est la filature et le tombé du tissu. La fibre de coton peut faire entre 1 à 5 centimètres de long. Un centimètre c’est trop court pour une utilisation textile tandis que cinq centimètres c’est le top du top.

Mais il n’est pas seulement question de taille (comme bien souvent). En effet, plus la fibre est longue, plus elle a tendance à être fine, ce qui est un atout pour le tombé du tissu. Son aspect se rapproche ainsi du fil de soie. Mais attention la finesse du fil ne doit pas compromettre sa résistance. En résumé : taille et résistance ! : what else !

Culture de coton fleur de coton

Le temps de la récolte

 

A propos de taille, retournons à la culture du coton et à la moissonneuse. Elle est impressionnante la bête, mais en vrai, ça se conduit comme une bicyclette et la cabine est même climatisée. Les cotonniers sont bien martyrisés et secoués par le passage de la « grosse Berta ». C’est peut-être pour ça qu’ils sont replantés chaque année au fait ?

cueilleuse de coton moissonneuse

Les différentes capsules de coton sur une même plante n’arrivent pas à maturité au même moment. Idéalement, un double passage à quelques semaines d’intervalle est nécessaire pour assurer un ramassage complet de la récolte. Dans les faits, le premier ramassage peut, si il est judicieusement planifié, récolter 80% de la production du champ. La consommation en essence, voir le prix de la location de la moissonneuse ne justifie pas toujours la seconde repasse.

Et les poignées de coton restantes se dispersent librement au gré du vent jusqu’à la fin de l’automne.

Laissons le champ derrière nous et embarquons avec le coton vers sa première étape de traitement. Le cultivateur va emmener directement sa production du champ chez le grossiste. Les prix au kilo sont fixés par « le marché », il n’y a pas grand-chose à discuter. Par ailleurs, pas beaucoup de choix alternatif pour le cultivateur qui n’a pas les infrastructures nécessaires ni pour stocker ni pour prétraiter sa récolte. Au mieux, il a accès à plusieurs grossistes pour essayer de négocier.

Devant le stock de coton, les hommes parlent de leurs récoltes et de la météo, comparent les qualités des cotons et discutent des impacts géopolitiques lointains sur le prix du leur coton. De mon coté je contemple abasourdie la montagne de coton qui est manipulée, triturée et renversée par un Bulldozer. Je n’ai qu’une envie : aller me jeter dans cette montagne duveteuse.

Avez vous déjà pu toucher les boules de coton et leurs douceurs incroyables ?

recolte du coton stockage

Le grossiste va effectuer plusieurs étapes de pré-traitement. Premièrement, l’égrenage ou la séparation des graines et des fibres de coton. Les graines sont utilisées pour l’alimentation du bétail ou sont transformées en huile végétale. Le coton, est ensuite cardé (grossièrement peigné) pour libérer les impuretés (bouts de feuilles, branchages, etc) qui sont prises dans ses fibres. Les déchets organiques pourront être utilisés comme combustibles ou être compostés.

Enfin le coton est enfermé en balle standardisée de 500 kg. Il est prêt pour son second voyage.

La suite du voyage

 

Les balles de coton sont achetées par des filatures qui sont en charge de produire du fil. Les filatures revendront leurs productions à des manufactures qui sont en charge de faire le tissu. Elles revendront les tissus aux usines de confection qui elles sont en charge de faire les vêtements. De surcroît, chaque étape peut être interrompue par un arrêt chez des grossistes ou éventuellement dans les stocks des spéculateurs.

Quel voyage en perspective!

Nous verrons ensemble dans les prochains articles les étapes de la fabrication du fil et du textile, mais aussi les implications de la culture du coton à notre époque ainsi que les impacts socio-économico-environnementaux et consort.

Si le coton est tout doux et léger quand on s’apprête à le transformer en petite robe d’été, l’envers du décors est bien différent : c’est un secteur économique et industriel énorme qui est sujet à la frénésie consumériste de ces dix dernières années, aux spéculations, à la mondialisation, aux changements climatiques, etc.

Plein de choses en perspective à découvrir ensemble sur la vie cachée de nos tissus d’amour ! Inscrivez vous à la Newsletter pour ne pas manquer les prochains épisodes!